Scènes

Benjamin Verdonck est cette année le seul artiste belge invité par le Festival d’Avignon « in » avec la reprise de son si singulier et formidable spectacle créé l’an dernier au Kunstenfestivaldesarts. Avec un titre imprononçable, « notallwhowanderarelost », un théâtre portatif faisant danser les objets, à mi-chemin entre les arts plastiques et la performance.

Benjamin Verdonck a créé cette semaine au KVS, à Bruxelles, son nouveau spectacle sans paroles, cette fois avec le danseur et performeur Pieter Ampe, sous le titre qui est tout un programme : « We don’t speak to be understood ».

C’est à nouveau un spectacle court, hybride, très drôle, mélange de performances et d’installations, basé sur les humbles et pauvres objets du quotidien : un frigo, un grille-pain, un sapin de Noël, des rubans flottant au vent des ventilateurs.

C’est un duo de l’absurde, du Beckett venu de Flandre, des Buster Keaton qui bougent sur la musique des 4 saisons de Vivaldi joué sur un vieux tourne-disque. Ils suivent la musique de manière grotesque : en se frottant les dents, ou en faisant couler en bouche et recrachant au rythme de Vivaldi, du miel imprégnant finalement la longue barbe de Pieter Ampe.

We are the world

Ils forment un duo singulier qui manie le comique mais sans jamais appuyer. Dès que cela pourrait devenir très drôle, dès que le public le désirerait, ils choisissent plutôt la lenteur, le cérémonial absurde, l’étrange étrangeté du quotidien.

Quand on attend des sketches, ils restent tout (trop parfois) en retenue, même si le visage de Pieter Ampe est déjà un spectacle en soi.

Leur duo se termine par un morceau de bravoure quand à cheval sur un frigo renversé sur le grille-pain, rejouant Le Radeau de la Méduse ou la Piéta de Michel Ange, dans le souffle et les brumes d’une tempête, ils miment aussi « We are the world » de Michael Jackson créé pour l’Afrique, avec des poses alors dignes de Titanic et des films les plus hollywoodiens, pour mieux bien sûr les détourner.


---> Encore jusqu’au 2 mai, au KVS à Bruxelles