Scènes Des “Jours radieux”, un “Caméléon” et autres tentations au menu du 58e Festival de Spa. Du 11 au 21 août. Avant-propos.
 
Toute l’année il y a l’eau, en juillet les Francos. Et en août, depuis 58 étés, le théâtre. Fondé en 1959 par Jacques Huisman, le Festival de Spa a mission alors de décentraliser les productions du Théâtre national de Belgique. Devenu – et demeuré – vitrine des compagnies de la Communauté française, il mêle reprises et créations. Avec, singulièrement cette année, plusieurs spectacles nominés aux Prix de la critique.

Codirigé par Cécile Van Snick et, depuis mars 2017, le metteur en scène Axel de Booseré (ex-Arsenic, Cie Pop-Up), le festival mise encore et toujours sur la qualité et l’accessibilité du théâtre, en mettant l’accent notamment sur les auteurs belges. Ils sont trois, cette année, à faire l’objet d’une création à Spa.

Jean-Marie Piemme convoque le rire cathartique autour des tentations extrémistes dans “Jours radieux”, que met en scène Fabrice Schillaci (Salon bleu, du 11 au 13 août, et la saison prochaine au Varia et au Théâtre de Liège). De Jean Muno (1924-1988), “Caméléon” avait vu le jour à la scène dans une adaptation de Patrick Bonté, en 1981 d’abord, remise sur le métier vingt ans plus tard. Aujourd’hui, mis en scène par Daniela Bisconti, Nicolas Ossowski se glisse à son tour dans la peau de cet homme ordinaire, personnage qui peut ressembler à n’importe qui, modeste témoin du monde et de ses grises dérives (Radisson Palace, les 11 et 12 août). 

© Nicolas Janssens / "Caméléon"

Fidèle du festival spadois depuis son premier solo en 2004 (“Molly à vélo”), l’autrice et actrice Geneviève Damas y livrera “La Solitude du mammouth” dans une mise en scène d’Emmanuel Dekoninck (Radisson Palace, les 20 et 21 août).

Enfants admis

La ville d’eau accueille, au rayon des reprises, une sélection joliment éclectique, pour tous les publics. Enfants admis ! Dans “Ressacs”, Gregory Houben et Agnès Limbos (Cie Gare Centrale), transcendent la crise de couple et le surendettement par un ovni convoquant objets et musique. Le collectif Wow utilise la création sonore en direct pour faire de “Piletta ReMix” une aventure captivante. Théâtre sans paroles, cirque, danse et rythme transforment la solitude en tourbillon burlesque dans “Jet Lag” par la Cie Chaliwaté.

© Alessia Contu / "Le Dire des forêts"

La palette qu’offre le Festival de Spa est décidément large. Ainsi pourra-t-on replonger dans la Grande Guerre (“Les filles aux mains jaunes”), accompagner une réflexion sensible sur l’euthanasie (“En attendant le jour”), s’aventurer aux confins d’un Tyrol imaginaire (“Alpenstock”), se frotter aux exercices de coaching (“Cercle Miroir Transformation”), envisager la nature comme une marge propice aux confidences (“Le Dire des forêts”) ou encore savourer la belgitude irrévérencieuse (“L’entrée du Christ à Bruxelles”). Entre autres, et sans oublier, en extérieur, “Le Roi nu” ou “Théroigne de Méricourt” – à moins d’emboîter le pas à la Cie Victor B pour sa “Walking Thérapie”.

© Lola Delcorps / "L'entrée du Christ à Bruxelles"

Lectures et rencontres complètent le tableau de ce généreux rendez-vous estival.

Festival de Spa, du 11 au 21 août. Infos & rés. : 0800.24.140, www.festivaldespa.be