Scènes Héritier du théâtre de Stanislavski, le Grec Stathis Livathinos met en scène Verdi. Entretien.

Physique altier, traits nobles barrés d’un regard sombre, il semble lui-même sorti d’une tragédie grecque. Mais la posture antique ne fut pas la seule école de Stathis Livathinos : après des études de théâtre et de littérature anglaise à l’Université d’Athènes, et des débuts comme comédien au Théâtre Populaire Grec, il collabora à l’Académie Russe des Arts du Théâtre, à Moscou, où son travail lui valut de nombreuses distinctions.

Devenu directeur artistique du département expérimental du Théâtre National Grec, il enchaîna ensuite, avec succès, les projets les plus audacieux, traitant des auteurs de tous genres, de Shakespeare à Pouchkine, en passant par Marivaux, Edmond Rostand (!) ou Thomas Bernhardt.

Il devait tôt ou tard aborder l’opéra, c’est chose faite avec "Aida", de Verdi, qui montera à l’affiche de la Monnaie à partir du 16 mai.

Vous avez mené jusqu’ici une brillante trajectoire d’homme de théâtre, qu’est-ce qui vous pousse à vous lancer dans les complexités de l’opéra ? Et avez-vous choisi vous-même "Aida" pour ce baptême du feu ?

A certains moments de la vie, il faut se lancer des défis, c’était le bon moment pour moi. La Monnaie est une maison d’opéra respectée dans le monde entier, c’est un honneur d’y collaborer. Par ailleurs, j’ai toujours adoré l’opéra, que je fréquente depuis l’enfance. Et si le choix d’" Aida" revient à Peter De Caluwé, j’y ai tout de suite souscrit. A propos d’"Aida", Verdi parlait d’"Il mistero fatal", pour moi, c’est la même chose (rires) !

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