Scènes A la tête d’une distribution de rêve, Christophe Rousset enflamme les imaginations.

Une scène au cœur d’un bâtiment emblématique, un plateau exceptionnel, un chef inspiré : le deuxième week-end du Festival international d’opéra baroque (et désormais) romantique de Beaune s’est ouvert vendredi dernier avec "Alceste" de Lully, dont le livret, signé Philippe Quinault, est lui-même hérité de la tragédie d’Euripide. Autant dire la cristallisation d’un legs immémorial où le tragique côtoie le burlesque, où le spectaculaire alterne avec l’intime, et où se trouvent traitées, à travers deux triangles amoureux (les héros, d’une part, leurs suivants, de l’autre) les questions de l’amour et de la gloire, de la fidélité et des plaisirs. Avec une fin ouverte, assez optimiste, renvoyant le spectateur à ses propres conclusions.

Entre-temps, la belle Alceste aura suscité la rivalité meurtrière de ses soupirants. Admete, son fiancé, aura failli mourir au combat. Elle-même aura donné sa vie pour le sauver. Alcide aura été la rechercher aux enfers. Et tous auront eu l’occasion d’exercer leur liberté. Même revue par Quinault à la (future) manière de Marivaux et mise en musique par Lully pour la cour de Louis XIV, la catharsis imaginée par Euripide sera donc parvenue jusqu’à nous.