Scènes

Il a ouvert cette semaine près d'Anvers les coulisses de son nouveau projet, un "show" aquatique démesuré destiné à devenir l'une des principales attractions touristiques de l'ancienne colonie portugaise retournée dans le giron chinois en 1999.

Présenté en principe à partir de l'an prochain, ce spectacle qui n'a pas encore de nom est doté d'un budget de 200 millions d'euros. Il devrait être joué 10 fois par semaine, dans une salle pouvant accueillir 2.000 spectateurs spécialement conçue pour Dragone et intégrée dans le futur complexe "City of Dreams", qui comprendra aussi quatre hôtels et deux casinos.

L'audience espérée, à l'issue des 12 premiers mois, est de 900.000 personnes. C'est que les autorités de Macao veulent faire de cette cité de 28 kilomètres carrés et de 460.000 habitants une soeur jumelle de Las Vegas. Si Macao séduit déjà quelque 28 millions de touristes férus de jeux de hasard, il y manque encore ces "revues" qui ont attiré dans le désert du Nevada des cohortes de fans de Frank Sinatra, d'Elvis Presley ou, plus récemment, de Céline Dion.

Franco Dragone a été "mandaté" pour faire de Macao une destination de "divertissement total", expliquent les responsables de la "Compagnie Dragone". A 57 ans, ce natif de la Campanie (Italie), émigré à sept ans à La Louvière, a à son actif des spectacles vus par plus de 50 millions de personnes.

Parti au Québec en 1982, après avoir tâté du "théâtre populaire" et fréquenté les milieux "post soixante-huitards" en Belgique, il a signé 10 des spectacles du Cirque du Soleil. Après la cérémonie d'ouverture du Championnat d'Europe de football 2000 à Bruxelles, il est de retour à La Louvière en 2001, où il crée sa compagnie et y conçoit le spectacle que Céline Dion présentera durant plus de cinq ans à Las Vegas.

Aujourd'hui, et avant sans doute de développer des projets en France, la troupe s'est posée dans un hangar de la région anversoise, devenu le "plus grand studio de répétition du monde". "Le spectacle racontera la découverte de Macao lors du naufrage d'un navire portugais. Le héros, un jeune passager clandestin, et son valet, les seuls survivants, rencontreront un monde inconnu et merveilleux, la civilisation chinoise", explique Franco Dragone.

Il cite comme modèles le mime Marceau ou le dramaturge italien Dario Fo, un "bouffon devenu prix Nobel", expliquant que le "show-business" peut se doubler d'ambitions artistiques. Dans le hangar de répétition, des garçons et des filles d'une vingtaine d'années enchaînent sauts, plongeons et pirouettes, achevant leurs voltiges dans une grande piscine, préfiguration de celle qui sera au centre du spectacle à Macao. "La balançoire russe, c'est du cirque, je n'en n'avais jamais fait", sourit, le regard pétillant, le Français Lionel Zalachas, à peine sorti du bassin.

A 25 ans, après avoir pratiqué de la gymnastique à haut niveau, il a été retenu parmi plus de 1.000 candidats pour faire partie des quelque 80 artistes de 20 nationalités qui se produiront en Chine. "Parmi plein d'autre choses, il a fallu leur apprendre à se mouvoir sous l'eau, parfois même à nager", explique le responsable du casting, Mathew Jesner. Durant le spectacle, 20 plongeurs assureront la sécurité des artistes et s'occuperont du placement des éléments du décor, qui surgiront de l'eau sur des plateaux mobiles.