La Libre.be > Culture > Scènes > Article
critique
Quand les invités n’arrivent pas l’hôtesse danse
Camille Perotti
Mis en ligne le 10/03/2009
Imaginez, c’est LE dîner de l’année. Votre dîner d’anniversaire pour lequel vous avez investi quelque 723 euros et 95 cents (gâteaux apéritif compris) pour faire plaisir à vos treize invités (tout en sachant que vous alliez recevoir au moins autant en cadeaux ). Vite, enfiler une robe ("Aïe ! problème avec la fermeture Eclair"), dresser le couvert avec les verres hérités (ceux-là, on n’aurait pas pu se les payer) et le nouveau service absolument incassable (à 220 euros), réfléchir au plan de table (l’ex-criminel à côté du curé ?), placer des cendriers "au cas où", des chaises, surveiller le plat qui cuit dans le four, arranger deux ou trois choses Il est 20h, ils vont arriver ! 20h10, tout est prêt, on se sert un petit porto ("Tiens, il y a de l’alcool dans ce porto ?").
Laure Godisiabois incarne avec beaucoup d’humour cette femme désappointée qui commence à s’adresser au public - puisqu’il est là - et à dresser le portrait de ses invités, son idiote de belle-sœur, le curé qu’elle a courtisé lors d’une mission au Pérou, sa sœur et ses gamins On reconnaît bien la plume comique de Pierre Palmade qui avait écrit ce monologue pour Jacqueline Maillan en 1990. Mise en scène par Daniel Hanssens, la comédienne révèle son incroyable talent comique par d’innombrables subtils détails et mimiques assortis d’une diction parfaite et d’un ton irrésistiblement drôle !
Outre quelques courts passages où l’on commence à se demander si, décidément, ses invités vont finir par arriver, on rit de bon coeur devant le talent clownesque de Laure Godisiabois qui, en François Lumière, - "comme puma mais avec un -l- et -iere- à la fin" -, se met à danser et à chanter pour passer le temps, car, après tout, c’est son anniversaire !
Seule en scène, on s’attache et s’identifie à Françoise qui parle au voisin, imagine les dialogues durant le dîner, téléphone à quelqu’un dont elle a retrouvé le numéro dans son sac, rêve de ses retrouvailles avec Tony, son ex qu’elle a invité dans l’espoir de renouer, se ressert un petit porto, un troisième, un quatrième, un "c’est pas possible, ils ont mis de l’alcool dans ce porto !", pour finalement s’apercevoir, après une heure d’attente, que l’erreur ne venait pas d’eux
Savoir Plus
Bruxelles, Petit Théâtre Mercelis, jusqu’au 28 mars, à 20h30. Durée : env. 1h40, de 11 à 19 €. Infos&rés. 070.75.42.42 et Web
Jean Dujardin chante son bonheur...
'Contador est innocent'
L'après-Concordia : les...
Il surfe sur l'E411