La Libre.be > Culture > Scènes > Article
JEUNE PUBLIC
D’art et d’école
Laurence Bertels
Mis en ligne le 06/01/2010
En janvier, on ouvre à nouveau les yeux, on adapte sa politique, on poursuit sa route et surtout, on sort du bois. L’heure est donc belle pour lever un coin du voile sur les coulisses de l’Art à l’école. Tout travail de l’ombre mérite, en effet, la lumière. N’éclatent certes au grand jour que les Picasso, Noureïev ou Mozart, pour ne citer que des grands noms, mais pour un Maillol, un Gérard Philipe, un Kafka, combien de graines a-t-il fallu semer ? Des dizaines, des centaines, des milliers Cela, le Centre dramatique de Wallonie pour l’enfance et la jeunesse (CDWEJ) le sait, lui qui, depuis des années, croit à la formation et œuvre en ce sens.
Spécialisé dans la pratique de l’Art à l’école, un de ses credo, le CDWEJ voit son travail reconnu non seulement par la Communauté française, mais aussi par Charleroi/Danses. La première a signé, fin 2009, une convention de cinq ans avec le CDWEJ désigné comme partenaire privilégié de la Cellule Culture-Enseignement. Le deuxième intègre les "Rencontres interrégionales Danse à l’Ecole" dans "Charleroi/Danses", et ouvre donc son prestigieux plateau - celui où se danse ce qu’il y a de plus pointu en contemporain - aux jeunes écoliers de Wallonie. De bonnes nouvelles à transmettre lors d’une conférence de presse dans la cour de la Bellone où des élèves de Sainte-Marie de Namur ont scotché un cadre au sol, défilé en jean et chemise blanche, épousé la terre, croisé leur destin, dansé leurs émotions, levé les bras au ciel et soudé leur chaîne humaine devant le regard médusé des invités et de la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet.
Une chorégraphie valant mieux qu’un long discours, chacun a compris l’ampleur du travail réalisé de concert par la chorégraphe Joanne Leighton, l’enseignante Béatrice Basieux et la classe de 5e secondaire en option art d’expression de la Communauté scolaire Sainte-Marie de Namur. Et c’est avec un soupçon d’émotion que la ministre s’est adressée aux étudiants pour les féliciter et les remercier. Pour rappeler ensuite que, selon la Déclaration de Politique communautaire, "la force d’une société est son capital humain, c’est l’intelligence, la créativité, la force d’innovation de ses jeunes et de tous ses citoyens Pour cela, la culture et l’école doivent se mettre ensemble".
Dans le même esprit, Fadila Laanan, ministre de la Culture, a créé, en 2006, le décret Culture-Ecole et a reconduit pour quatre ans le contrat-programme liant la Communauté française au Centre dramatique de Wallonie pour l’enfance et la jeunesse, un centre qui assure la diffusion de 300 spectacles par an, soutient les jeunes créateurs ou organise l’Art à l’école, dont les Rencontres interrégionales de danse ou de théâtre et écriture sont le point d’orgue.
On pourrait encore expliquer que l’Art à l’école se déroule en trois volets, un triptyque comprenant les formations d’artistes, d’enseignants et de médiateurs culturels, les ateliers à l’école avec le professeur et l’artiste - volet central du tableau -, et le temps des représentations. L’artiste et l’enseignant travaillent main dans la main sans se substituer l’un à l’autre. Très vite, ils réalisent à quel point ils ont besoin l’un de l’autre. Comme en a témoigné Béatrice Basieux : "En tant que professeur, rien ne m’était imposé, mais j’avais un cadre très clair. Grâce à ce projet, les élèves rencontrent le monde de l’art. Il leur donne une liberté de penser autrement. J’ai eu le plaisir de les voir beaux, libres, autonomes. L’artiste, quant à lui, est soudain confronté aux difficultés structurelles de l’école." L’artiste, à savoir, ici, Joanne Leighton, chorégraphe de la Cie Velvet et pédagogue d’origine australienne qui peut aligner sur son CV les noms de Charleroi/Danses, Parts, Rosas, Michèle Anne De Mey ou Wim Vandekeybus. "Mon moment préféré, c’est lorsque vous avez réalisé que vous pouviez créer votre propre mouvement", a-t-elle confié aux adolescents pendant que la jeune Emeline Billat déclarait : "Maintenant, on ose beaucoup plus créer par nous-mêmes. On se dit qu’on est capable de faire quelque chose, qu’on pourrait être des artistes. Cela va nous manquer de ne plus faire de la danse, parce qu’elle vous ouvre à tout ce qui est dehors et qui vous permet de foncer dans la vie." Comme argument, on peut difficilement trouver plus convaincant.
Savoir Plus
CDWEJ, rue des Canadiens, 83, 7110 Strépy-Bracquegnies. Tél : 064.66.57.07
Les établissements scolaires ou enseignants qui voudraient s’inscrire à "L" Art à l’école" pour 2010-2011 peuvent le faire dès maintenant.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...