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Théâtrel Avant-propos
L’art de la vitalité
M.Ba.
Mis en ligne le 04/02/2010
Dans sa ville de Ravenne, au sud de Venise, et dont les proportions et la population sont comparables à celles de Mons, souligne-t-il, Marco Martinelli est l’instigateur et l’infatigable praticien depuis vingt ans de la non-école. De 300 à 400 ados y prennent part chaque année. Son but : "Faire découvrir aux jeunes le théâtre hors de sa forme académique; les entraîner vers son vrai secret, l’art de la vitalité, lié à Dionysos, dieu de la turbulence et de l’énergie sauvage." Ainsi encadrés, ces jeunes deviennent passionnés de théâtre. Et Martinelli de stimuler le croisement entre "l’énergie, le désir d’expression de soi et les grands textes, Aristophane, Shakespeare , le tout étant non pas mis en scène, mais mis en vie, à travers une réécriture des histoires anciennes".
Le processus de création de "Detto Molière" est nourri de cette expérience. Une quarantaine de personnes se partageront le plateau : des comédiens et musiciens professionnels, des élèves du Conservatoire, quinze ados de la région (montoise d’abord, des environs de Tournai et Villeneuve d’Ascq, ensuite) et deux enfants. "Je crois beaucoup en ce mélange de professionnalité et de vie, poursuit l’homme de théâtre. Le risque de notre métier est de devenir une forme vide. Il faut retrouver l’essentiel : la possibilité de s’émouvoir sur le plateau comme sur le gradin."
"Detto Molière" se présente comme un voyage avant Molière. Une préhistoire, en quelque sorte : "Aller voir les racines les plus profondes dans l’enfance", et plus précisément en ce jour de 1632 où, à dix ans, cet orphelin de mère est emmené par son grand-père dans une fête populaire, et découvre le théâtre - "mêlé aux marchandises, à la vie de tous les jours". C’est là que le petit Jean-Baptiste Poquelin va toucher "les racines de la farce, qu’on retrouvera dans toute l’œuvre de Molière". "Le Médecin malgré lui" sert de squelette à la création de Marco Martinelli, avec ce que la pièce contient de rire et de violence, "comme un grand match de catch".
La figure centrale de "Detto Molière", précise son concepteur, "est reconstruite dans l’aujourd’hui, pas de façon philologique", mais en quête du "regard enchanté" du gamin sur le monde dont il fera la matière de son art, "le théâtre, cette grande alchimie de langages".
Mons, Manège, du 9 au 14 février (065.39.59.39 - www.lemanege.com). Tournai, Maison de la culture, du 23 au 27 février (069.25.30.70 - www.maisonculturetournai.be). Villeneuve d’Ascq (F), la Rose des vents, du 2 au 6 mars (www.larose.fr)
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