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opéra
Rousset: une œuvre hors norme
N.B.
Mis en ligne le 16/03/2010
Christophe Rousset, c’est votre premier contact avec Platée?
Oui, je ne l’avais jamais joué, comme claveciniste, et c’est la première fois que je la dirige. J’avais juste vu la production de Jean-Claude Magloire à Tourcoing en 1989, et j’avais trouvé Bruce Breker, qui incarnait Platée, extrêmement émouvant. J’ai toujours gardé une extrême tendresse pour le personnage, et cette tendresse rend la pièce tragique.
Diriez-vous que c’est votre Rameau préféré?
Non, et lui-même ne le considérait pas comme son chef-d’œuvre. Mais c’est une œuvre hors norme, résolument insolente, qui a déclenché des critiques à l’époque, mais qui est d’une incroyable richesse musicale. Rameau se considérait comme un chercheur en musique, et il ose ici des choses incroyables: je ne vois pas d’autre exemple d’une musique parodique à un aussi haut niveau.
Des choses vont-elles changer pour le concert donné à Bruxelles?
Ce ne sera plus le chœur de l’Opéra du Rhin, mais un chœur ad hoc. Pour le reste, je serai bien sûr avec les Talents Lyriques et les mêmes chanteurs qui, sortant de la version scénique, pourront en garder tout le pétillant, toute la dramaturgie. Et comme il y a beaucoup de choses à voir dans la production de Marianne Clément, la version de concert permettra peut-être à l’orchestre d’être plus écouté, ce qui n’est certes pas au détriment de Rameau!
Et ensuite?
En mai, je dirigerai "La Callisto" au Théâtre des Champs-Elysées, avec votre compatriote Sophie Karthäuser dans le rôle-titre. Macha Makeïeff signera la mise en scène, et nous avons convenu de traiter le comique sans forcer le trait, en respectant là aussi la dimension poétique. Et la saison prochaine, je retrouverai Marianne Clément à Vienne pour un autre Rameau, "Castor et Pollux".
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