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opéra
Tolérance/Intolérance, thème de saison
MDM
Mis en ligne le 18/03/2010
Que Peter De Caluwe soit un amoureux de la "matière opéra" ne l’empêche pas de centrer son action sur les préoccupations éthiques de son époque. Après la réactualisation des questions posées par les Atrides au temps d’Homère, voici le double thème de la Tolérance/Intolérance désigné comme fil conducteur de la nouvelle saison de la Monnaie. Soit l’écho de l’alternance observée dans l’Histoire entre l’ouverture et le repli, le nationalisme (populaire) et l’internationalisme (aristocratique, ouvrier ou intellectuel), le communautarisme et l’individualisme, l’ambition et la compassion, bref : entre la fidélité à soi-même et l’indispensable perméabilité à l’autre.
Le thème est assez large pour y faire tout rentrer et assez pointu pour provoquer une nouvelle lecture des opéras présentés en 2010-2011. "Les Huguenots" de Meyerbeer, opéra aussi célèbre que décrié, programmé pour juin 2011, y aurait-on songé ? Rien que son titre, pourtant, évoque immanquablement l’un des épisodes les plus intolérants de l’Histoire; la (re)découverte sera menée par Marc Minkowski et Olivier Py. Le volet lyrique propose encore "Kat’a Kabanova" de Leos Janacek, ou la passion secrète d’une jeune femme prisonnière du conformisme social, avec Leo Hussein et Andrea Breith, comme maîtres d’œuvre et l’incandescente Evelyne Herlitzius (la récente Elektra de Strauss) dans le rôle-titre; "La Bohème" de Puccini, dans la mise en scène d’Andreas Homoki (créée au Komisch Oper Berlin) dénonciatrice d’indifférence et de déshumanisation (ah bon ?), sous la direction musicale de Carlo Rizzi, en alternance avec José Miguel Esandi; "Yvonne, Princesse de Bourgogne" de Boesmans et Bondy (coproduction avec l’Opéra de Paris) sous la direction de Patrick Davin; "Parsifal" de Wagner, ou : de la tolérance à la compassion, avec Hartmut Haenschen à la direction musicale, le singulier Romeo Castellucci à la mise en scène et Andrew Richards dans le rôle-titre; la reprise de "La Finta Giardiniera" de Mozart des Herrmann, avec Jérémie Rhorer à la direction musicale et Sandrine Piau dans le rôle-titre; le diptyque très attendu "Intolleranza" de Nono par Adam Fischer et Christophe Schlingenslief (si sa santé le lui permet), et "Nabucco" de Verdi (en concert) dirigé par Julian Reynolds; enfin deux opéras de Toshio Hosokawa, "Hanjo" et "Matsukaze", le premier mis en scène par Anne Teresa de Keersmaeker (et dirigé par Koen Kessels), le second, par Sasha Waltz (et dirigé par Pablo Heras-Casado) ou : à chacun sa chorégraphe.
Comme on lit, les nouvelles têtes sont nombreuses, y compris parmi les chefs, mais la programmation renoue avec les fidèles, les Herrmann ou ATdK, et resserre les liens avec les recrues récentes, Sasha Waltz, Leo Hussein ou Jérémie Rhorer. A cela s’ajoutent trois spectacles de danse, signés ATDK et Sidi Larbi Cherkaoui, huit concerts symphoniques, tous dotés d’un titre porteur ("Chambres d’à côté", "Fate Memory" ou "Mystères et Illuminations" ), sept récitals (avec notamment Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout et Thomas Hampson !) et un projet - grave - pour enfants, "The Brussels Requiem".
Infos : 070.233.939, www.lamonnaie.be
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