Abonnez-vous a La Libre Belgique

Festival - Ambiance

Murs, cris et murmures

par Marie Baudet

Mis en ligne le 28/07/2010

Pendant, nous y étions. Après, nous y revenons. Avignon, immanquable rendez-vous. Lieu de théâtre, mais aussi de controverses, de découvertes… de tourisme.
Atmosphère atmosphère

C’est drôle, les habitudes La gare TGV écrasée de soleil, la queue pour le bus, l’arrivée en ville, intra muros - tiens, il était déjà là l’an dernier, ce bassin ? Déluge d’affiches, profusion de tracts. A Avignon, en juillet, c’est le Off qui saute aux yeux.

Cap sur les locaux du In, cependant : s’annoncer. Les bagages déposés le temps d’une balade/prise de température (ah bon, hier c’était pire ? mon dieu, un éventail, vite). Au moment de les récupérer, portes fermées pour cause de manif, qui en effet entre en force au Cloître Saint-Louis au cri de "Nous sommes ici chez nous !" Menée par le Syndeac, syndicat français des entreprises artistiques et culturelles, l’action exprime l’indignation et l’inquiétude du milieu face aux continuelles baisses de subventions. A Avignon, le théâtre se montre vivace, certes, pour autant qu’il survive.

Sans compter que, dans cette jungle d’un millier de spectacles, il faut faire son trou, côté artistes. Et son choix, côté spectateurs. Un truc : éliminer les affiches moches et les jeux de mots douteux, écrémage considérable, déjà. Après, le bouche-à-oreille continue de jouer son rôle, indispensable. "Les Langues paternelles" de David Serge, mis en scène par Antoine Laubin, a ainsi fait le plein, à 11h chaque matin, aux Doms. Dont le directeur Philippe Grombeer s’affirmait heureux de cette édition du festival, bien fréquentée, notamment par de nombreux programmateurs, toujours un bon point pour les spectacles sélectionnés pour figurer dans la "vitrine sud de la création en Belgique francophone".

Les rues avignonnaises, c’est aussi cette avalanche de tracts et flyers, distribués avec parfois une mise en scène, souvent sans discernement (au jour 1 vous acceptez poliment, au jour 3 : un "non merci" souriant fait très bien l’affaire), mais aussi de manière ciblée. Arpenter la cité avec une poussette non seulement vous occupe les mains, mais donne un signal aux "tracteurs". Dont l’une ira jusqu’à reconnaître, de passage devant le Palais des papes, l’auteur des rires nourris qui ont ponctué son spectacle la veille. Avignon, ce sont aussi ces instants suspendus. Un coin d’ombre, une fontaine. Un running gag qui fait rigoler une petite fille. Une découverte qui vous met les larmes aux yeux ou la tête à l’envers.

D’autres constats, plus prosaïques certes, vous hérissent : en 2010, la municipalité ne semble avoir toujours pas prévu de poubelles séparées ni de ramassage sélectif pour les papiers et cartons. Et la société de transports en commun, qui se vante de son service de Bustival, a méchamment raboté les fréquences et les horaires de certaines lignes Contrariété et embarras.

Avignon c’est aussi, d’un juillet à l’autre, croiser des amis, des confrères, des connaissances, tisser des liens. C’est faire le point, à chaque rencontre au détour d’une rue, à l’entrée d’un spectacle, sur les choses vues, à voir, voire à éviter. C’est redécouvrir le vrai goût de l’abricot, qu’on aura tant envie de prolonger de retour à Bruxelles : le défi. C’est slalomer, l’œil sur la montre, entre les touristes, les flâneurs, les bienheureux vacanciers, pour arriver au prochain spectacle. C’est le mistral qui, à grands bruits dans les arbres, rafraîchit tout à coup l’air caniculaire : le frisson bénédiction. Ce sont des unanimités au sortir d’une révélation, ou des discussions vives entre partisans et opposants d’une création.

C’est aussi, autour des quelques 50 propositions et 250 représentations du In, une série de rencontres, débats, activités parallèles souvent très suivies. Ce sont parfois de belles coïncidences : dernier spectacle à notre programme, "Les Corbeaux" de Josef Nadj constituait pour nous une fin parfaite, un jusqu’au boutisme concentré, pictural, puissant - et muet. Avignon, ce sont bien sûr les artistes associés. Après Christoph Marthaler et Olivier Cadiot, les directeurs du Festival Vincent Baudriller et Hortense Archambault ont choisi, pour la 65e édition, en 2011, le danseur et chorégraphe Boris Charmatz. Les mélanges n’ont pas fini de se produire dans la cité des papes.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page