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Décès

Pierre Vaneck a rejoint sa cerisaie

Philip Tirard (Avec AFP)

Mis en ligne le 01/02/2010

Le comédien d’origine belge a succombé à une intervention cardiaque.

Pierre Vaneck n’aimait rien mieux que de s’occuper de ses cerisiers dans le Lubéron où il avait élu domicile. Il ne pouvait cependant rester longtemps absent des planches et jouait cet automne encore au Théâtre national de Nice, sous la direction de Daniel Benoin. Fils d’un officier belge, Pierre Van Hecke était né en Indochine (Vietnam) en 1931. Il passa son enfance et son adolescence à Anvers, avant de rallier Paris pour des études de médecine bientôt abandonnées au profit de sa passion pour le théâtre. Il fréquente le cours Simon et le Conservatoire de Paris, tout en disant des vers de Villon dans les cabarets de la Rive Gauche.

Blond comme les blés, élégant et arborant déjà son inimitable sourire où se mêle ironie, compassion et mélancolie, il fait des débuts remarqués au cinéma et au théâtre en même temps. Julien Duvivier l’a fait tourner dans "Marianne de ma jeunesse" et il se produit au Théâtre de l’Athénée (celui de Jouvet) dans "Sud", première pièce acclamée (par Albert Camus, notamment) de Julien Green. Jules Dassin l’engage pour son film. "Celui qui doit mourir" et Sacha Guitry lui confie le rôle de François Villon dans "Si Paris m’était conté". Il n’en faut pas plus pour que la critique voie en Pierre Vaneck un nouveau Gérard Philipe. Il n’en a cure.

Avec un mélange de modestie, d’orgueil et de désinvolture bien à lui, le jeune comédien refuse "La Vérité" de Clouzot et "Les Amants" de Louis Malle Il préfère jouer "Les Possédés" que son ami Albert Camus a adapté de Dostoïevski et met en scène au Théâtre Antoine. Il affectionne aussi le répertoire anglo-saxon : Oscar Wilde, John Osborne, Eugene O’Neill, Shakespeare. Il rejoint bientôt la troupe de Jean Vilar où il se produit notamment dans Giraudoux ("La Guerre de Troie n’aura pas lieu") et "Hamlet" de Shakespeare. Plus près de nous, il joua dans "Le Secret" de Henri Bernstein (Molière du second rôle en 1988), "Art" de Yasmina Reza et "Copenhague" de Michael Frayn et, au cinéma, dans "Deux jours à tuer" du réalisateur Jean Becker qui était son beau-frère. Acteur populaire, il ne dédaigna pas la télévision où on le vit dans la série "Fabien Cosma", "Les Cœurs brulés", "Les Grandes marées", etc.

A 78 ans, il a rejoint pour toujours sa cerisaie idéale, tandis que ses petits-enfants, Aurélie et Thibaud Vaneck, poursuivent la tradition familiale dans la série à succès "Plus belle la vie".

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