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Avant-propos

Jules Verne revu et improvisé

Mis en ligne le 04/02/2010

“Les Naufragés du Fol Espoir”, nouveau spectacle du Théâtre du Soleil.

Le Théâtre du Soleil, la troupe d’Ariane Mnouchkine acclamée dans le monde entier, présente depuis le 3 février à Paris sa nouvelle création, "Les Naufragés du Fol Espoir", récit inspiré de Jules Verne qui s’annonce épique et plein d’humanité. La Cartoucherie du bois de Vincennes, le temple du Soleil depuis 40 ans, devrait accueillir au moins jusqu’en juin ce spectacle sans doute promis, comme les précédents - en moyenne un tous les deux ou trois ans - à une longue tournée internationale.

La compagnie, qui a fêté ses 45 ans l’an dernier, s’est produite jusqu’à l’été 2009 à Taipei, Buenos Aires, Porto Alegre (Brésil) ou encore New York avec son dernier spectacle, créé en 2006-2007, "Les Ephémères", évocation intime et bouleversante de moments de vie dans la France contemporaine.

Fidèle à sa discrétion, la troupe a donné assez peu d’informations sur le propos de sa nouvelle création, longuement pensée, improvisée, préparée et répétée. "Les Naufragés du Fol Espoir" se veut "une comédie épique et romanesque, plongée dans une époque qui fut le berceau tumultueux de la nôtre. Une histoire édifiante, un voyage, un bateau, un naufrage, une ile déserte, des émigrants, un fol espoir ", détaille la compagnie. "Par rapport aux "Ephémères" , on n’est plus du tout dans l’univers de l’intime, on est dans le récit, l’épopée", explique pour sa part la metteur en scène Ariane Mnouchkine. "On part à l’autre bout du monde mais c’est quand même quelque chose qui parle beaucoup de la France de cette époque-là, qui se situe entre 1890 et 1914", ajoute-t-elle.

Le Théâtre du Soleil précise qu’il s’agit d’"une création collective mi-écrite par Hélène Cixous", auteure contemporaine avec laquelle il a régulièrement collaboré depuis 25 ans, notamment pour "L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge".

La nouvelle œuvre, pour laquelle le Soleil a abandonné les charriots des "Ephémères", ses gradins se faisant face, et est retourné dans sa grande salle, se veut "librement inspirée d’un mystérieux roman posthume de Jules Verne" achevé par son fils Michel, "Les Naufragés du Jonathan" (1897). Une histoire qui se déroule sur l’ile Hoste, près du cap Horn, et met en scène des survivants et leur sauveteur, l’anarchiste et gouverneur Kaw-Djer. "C’est une adaptation, comme toujours. On ne colle pas au livre, on s’en éloigne, mais au fond on parle quand même de l’essentiel, c’est-à-dire du naufrage, de ce qu’il va entrainer, d’une société à réinventer", indique Ariane Mnouchkine.

"Il y a une sorte de double intrigue, celle du roman et une autre. Hélène (Cixous) a écrit la partie relevant du roman, le reste sort de l’improvisation des acteurs", ajoute la chef de troupe, qui souligne combien le jeu improvisé tient une place "fondamentale" dans la démarche du Théâtre du Soleil. "C’est la manière dont un acteur peut être complètement créateur, de A à Z", dit-elle.

Entièrement produit par le Théâtre du Soleil, ce nouvel opus est le fruit d’un "travail de longue haleine, c’est le moins que l’on puisse dire", relève Ariane Mnouchkine. "On repart à zéro. On cherche l’œeuvre, la forme, le théâtre. C’est toujours une quête", dit cette femme toujours habitée par "l’espoir" que les spectacles du Soleil "marquent quelques consciences" et "redonnent des forces à quelques personnes". (AFP)

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