Scènes "Behind" et "Between", ou le mouvement autrement à découvrir au 140. Captivant. 

Maribé, la compagnie fondée il y a dix ans par la Québécoise Marie Béland, prolonge son nom en "Sors de ce corps". Y font écho les expériences menées par la chorégraphe dans "une série d’œuvres où l’indiscipline s’organise avec précision et esprit" - des termes récurrents pour décrire son travail.

Ainsi, pour "Behind : une danse dont vous êtes le héros" - pièce que Jo Dekmine, l’ayant découverte en 2011 au Festival TransAmériques de Montréal, accueille cette semaine au Théâtre 140 -, Marie Béland s’est-elle imposé une contrainte singulière. C’est derrière une paroi qu’évoluent les danseurs Rachel Harris et Peter Trosztmer, forçant les sens du spectateur à guetter les moindres indices de ce qui se joue là, hors de sa perception immédiate.

Entre cache-cache et devinette

L’énigme est donc à l’œuvre. Qui sont ces corps ? quel lien les unit ? quelle force les oppose ? De reflets diffus sur le tapis de danse en membres dont on n’aperçoit qu’une ombre furtive à la lisière du cadre noir, en passant par les sons - glissements au sol, chocs de la chair, éclats de voix -, c’est un petit monde en construction qu’on se forge à l’instinct. A coups de frustration ? A peine et fugacement. Cette pointe de sentiment que tout vous échappe laisse vite la place au jeu, entre cache-cache et devinette : une danse imaginaire, irrésistiblement ludique, follement mouvementée, qui clignerait de l’œil en direction de la caverne de Platon.

A noter que décor et lumières de "Behind" sont signés Frédérick Gravel, lui-même par ailleurs chorégraphe.

Soirée composée

A "Behind", pièce brève, est associé "Between", qui arrive à Bruxelles juste après sa création le 7 mars au Festival ArtDanThé de Vanves (Paris). Une soirée composée présentée au 140 avec le soutien de Charleroi Danses.

Dans "Between", il s’agit de "discerner la chorégraphie invisible née du bavardage incessant". Avec pour interprètes Rachel Harris, Esther Rousseau-Morin et Peter Trosztmer, et Kathy Casey à la dramaturgie, Marie Béland s’intéresse à la parole comme mouvement, faisant glisser la conscience du corps vers des automatismes gestuels. De quoi, à nouveau, questionner ce qui fait la danse, ce qui l’identifie et la constitue.


Bruxelles, Théâtre 140, les 12 et 13 mars, à 20h30. De 8 à 18 €. Infos & rés. : 02.733.97.08, www.theatre140.be et www.charleroi-danses.be