Scènes

Ce matin-là, dans le grand studio de danse du Béjart Ballet Lausanne (BBL), les premières notes du piano d'Ilia Chkolnik annoncent le début de l’échauffement à la barre. Aujourd’hui, le cours est dispensé par l’ancienne danseuse étoile internationale Sylviane Bayard, professeure invitée au BBL depuis plusieurs années. "OK ! Ça va mes chéris ! Vamos !" , lance-t-elle joyeusement. Une trentaine de danseurs - sur pointes ou demi-pointes pour les filles - se mettent en position. Ils ont tous ce physique à nul autre pareil : altier, gracile, léger.

Pliés, grands pliés, dégagés, jetés, ronds de jambes, fondus, cambrés,… "Et un et deux, and three and four, compte Sylviane Bayard, tout en montrant les pas. Face à la barre, pointe et flex, et hop et hop". A mesure que s’enchaînent les exercices, les corps se plient, se déploient, se tendent, s’étirent.

Voici 30 ans que le piano bat la mesure, chemin du Presbytère, sur les hauteurs de Lausanne, fidèle complice de l’excellence et de la renommée internationale du Béjart Ballet Lausanne. A l’époque - nous sommes en 1987 -, après 27 foisonnantes années de créations à Bruxelles avec le Ballet du XXe siècle, Maurice Béjart claque la porte du théâtre de La Monnaie à la suite d’un différend avec son directeur Gérard Mortier. La Ville de Lausanne l’accueille à bras ouverts. Il ne la quittera plus jamais.

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