Scènes

Fin de notre série où La Libre vous dévoile les dessous d’une danse.

S’il est bien un style de danse qui impressionne par les prouesses et capacités physiques qu’il requiert, c’est le breakdance. Vous voyez, ces "vrilles" sur la tête, sauts tout en souplesse, appuis sur les mains,… le tout sur un son bien rythmé. Mais que l’on ne s’y trompe pas, bien qu’il y a un côté “performer” indéniable – nombre de breakers de haut niveau combinent danse et entraînement physique intense (gainage, pompes, abdos,…) –, “cela doit rester et cela reste de la danse”, insiste Yannick Bras, fondateur et directeur de l’école Impulsion Dance.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le breakdance est très technique, codifié, et a un répertoire très large. “Il comprend quatre grandes familles de mouvements, chacune ayant une approche particulière, détaille Yannick  : les top rock, qui sont les pas de préparation en danse debout; les footwork (ou passe-passe), soit le jeu de jambes au sol; les freeze (ou mouvements gelés) et les power move (ou phases) qui sont ces grands mouvements aériens et acrobatiques comme les "vrilles" sur la tête, le thomas (mouvement du cheval d’arçon), les ciseaux,…”.

Micael danse le break depuis ses 17 ans. Dans le jargon, on dit qu’il est un “b-boy” (pour break-boy). Sa spécialité  ? Le power move. “Au départ, le prof enseigne les bases du break dans chaque famille de mouvements, explique-t-il. Puis, tu choisis ce qui te plaît vraiment”.

Si le breakdance a investi depuis longtemps les salles de concerts et de spectacles, c’est dans les rues du Bronx qu’il émerge dans les ‘70. Sur fond de tensions sociales entre les minorités noire et latino et la majorité blanche, les quartiers populaires de New-York vivent sous le joug violent des chefs de gang. Mais une figure va se démarquer  : Afrika Bambaataa. DJ, il organise des block parties (fêtes de quartier), où les rivalités entre gangs ne sont plus physiques, mais artistiques. C’est la naissance du mouvement hip hop, qui regroupe le graffiti, le DJing, le rap et le breakdance.

Au fil du temps, les mouvements de breakdance ont évolué – “on repousse toujours plus loin les limites du corps”, acquièsce Micael –, mais l’essence du break demeure l’esprit du “battle”, ces compétitions où se défient des breakers en équipes ou en solo. “Ca fait partie de l’énergie du breakdance, commente Yannick. Ceux qui évoluent le plus vite sont ceux qui ont le plus la hargne, la rage”.

Mais comment apprend-on à breaker  ? “Chez Impulsion, nous essayons de rendre le breakdance accessible à tous, assure Yannick. Notre but est de déconstruire ce que les breakers arrivent à faire intuitivement et de le développer de manière pédagogique et progressive. Ça prend donc le temps que cela prend. Après, il y a des élèves qui sont vraiment doués. Ils font un passage en école de danse puis ils vont s’entraîner dans les gares”. A l’image de b-boy Micael. Membre du battle Droids et du collectif de danseurs Impulsion, il est souvent en street show à la Bourse ou la gare du Nord à Bruxelles. “En tant que ‘phaser’, pour me sentir à l’aise dans un mouvement, je le travaille jusqu’à être au top. Ca peut prendre 1 semaine ou 1 an. Ce qui compte, c’est la motivation.”

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Découvrez les pas de base du breakdance avec b-boy Micael: