Scènes

Chaque samedi, “La Libre” dévoile les dessous d’une danse.

À près de 60 ans, Maï Vanhout,directrice de l’école de danse classique Balletomania, a toujours l’éclat et la grâce de la grande danseuse qu’elle était. “Cela fait plus de 50 ans que je danse, sourit-elle. La danse classique a été un fil conducteur dans ma vie. Elle m’a toujours poussée à aller plus loin”. Comment explique-t-elle cette envie, ce besoin de danser  ? “C’est inné. C’est l’amour qu’on porte au mouvement. Quand je danse, je me sens portée, libre.”

Cet amour de la danse classique, Maï Vanhout le transmet aujourd’hui aux plus jeunes mais aussi aux adultes. Idéalement, “il vaut mieux commencer vers 6, 7-8 ans à apprendre la danse classique parce qu’à cet âge, on intègre plus facilement les choses. Mais rien n’empêche de commencer plus tard, même en tant qu’adulte”.

On a tous en tête ces profils de danseuses étoiles graciles et longilignes. La danse classique ne s’adresse-t-elle qu’à certains physiques  ? “Non  !, assure Maï Vanhout. On peut danser quel que soit son physique. Et la souplesse, ça s’acquiert. C’est plutôt une question de raideur des pieds et des hanches – cela devient difficile de danser si on ne sait pas tendre ses pieds ou ouvrir ses hanches”. Mais comme pour tout hobby ou passion, chausser des chaussons est avant tout une question d’“affinité”.

Exigeante, rigoureuse, technique, la danse classique est une “discipline du corps”, mais “elle ne requiert pas plus de discipline que pour apprendre une langue ou le piano, relativise l’ancienne danseuse. Il y a d’ailleurs beaucoup plus de gens qui peuvent faire de la danse qu’on ne le pense. Il faut s’adapter”.


Si l’homme bouge son corps presque depuis la nuit des temps, c’est sous Louis XIV, le roi danseur, que la danse classique acquiert ses lettres de noblesse et devient un métier. C’est à cette époque aussi que se crée une terminologie qui demeurera pour toujours et partout en français  : “glissade”, “arabesque”, “plié”, “battement”,… Comme nombre d’arts, la danse classique s’est développée au fil des siècles et continue d’évoluer, mais “la base – la structure du corps et le rapport à l’espace – est, elle, universelle, souligne Maï Vanhout, un peu comme le solfège en musique”. “Ce qui change, c’est le style (russe, anglais, français, américain,…) et ces styles changent aussi en fonction des chorégraphes (Balanchine, Béjart, Forsythe,…).”

Danse contemporaine, hip hop, tango, danse moderne,…, la palette des danses est multiple, mais “les pointes et le tutu font toujours rêver les petites filles”. Pour que le rêve devienne réalité, “on ne s’imagine pas combien les danseurs professionnels s’exercent  : à 16 ans, ils s’entraînent 4 à 6 h/j, 6 jours/semaine”. Mais “un amateur qui danse tous les jours peut aussi atteindre un bon niveau, rassure Maï Vanhout : pour danser une variation sur pointes, il faut six années de danse, dont3 à 4 cours/semaine pendant les trois dernières années”… 


Toutes les infos sur https://www.balletomania.be


A la barre et au milieu, découvrez ci-dessous le BA-ba de la danse classique avec Maï Vanhout.