Chiny au fil des contes

H.H. Publié le - Mis à jour le

Scènes

Traditionnellement, les amoureux du conte se donnent rendez-vous début juillet à Chiny. Venus du monde entier ou presque, c'est en effet dans ce petit village tout au sud du pays qu'ont pris l'habitude de se retrouver conteurs et bonimenteurs de tous horizons.

La 17 éme édition du Festival du conte, qui s'ouvre ce soir pour se clore dimanche, fera à nouveau partager leur parole à travers une quarantaine de spectacles, répartis en trois catégories: «adultes&adolescents», «familiaux» et «satellites». Chiny aime en effet rappeler qu'avant d'être des histoires pour endormir les petits, les contes sont d'abord des récits initiatiques, philosophiques, cosmogoniques, destinés aux plus grands.

L'Italie à l'honneur

Cette année, le festival témoignera notamment de la vitalité du conte italien. Dès ce soir (à 20 h), Venera Battiato proposera «L'ultima bumma», une promenade au nom du père, de sa Sicile natale à sa Lorraine d'adoption. Avec «Mme sbatte'o core» (samedi à 16 h), Italia Gaeta offre ses contes cruels, à travers deux femmes brisant le coeur des rois: Peau d'Ane, revisitée par Giambattista Basile, ou une séductrice impitoyable imaginée par Italo Calvino. Le dimanche (à 17 h30), avec «Florilegio», elle fera partager d'autres contes italiens. Décidément féminine, la parole italienne sera encore donnée à Frida Morrone qui part «Sur les pas des dieux» (samedi à 18 h) dans une série de «menteries» mythologiques. Tandis qu'«En se promenant dans la jungle» (dimanche à 14 h30, 15 h30 & 16 h30), elle s'adresse aux plus petits, leur faisant découvrir ses créatures fabuleuses.

L'Afrique au rendez-vous

Autre grand moment, la venue à Chiny (mais aussi le vendredi 14 à Bruxelles, cf. ci-contre), d'une complice des Baladins du Miroir, la conteuse nigérienne Adama Akili. Formée notamment auprès de la grande Muriel Block, elle nous emmènera samedi (à 14 h) dans ses «Contes du désert» à travers les montagnes, les sables, les mers... Le lendemain (à 15 h), elle dira, fredonnera, chantera, «Moï, la fille des eaux».Venu du Cameroun, Apollinaire Djouomou propose, lui, son «Arbre à palabres» (samedi à 14 h) et «Le sifflet de Mamadou» (dimanche à 15 h), tandis que le Congolais Pie Tshibamda nous rappellera que «Je ne suis pas sorcier» (samedi à 17 h). Originaire de Kabylie, Rachid Akbal dressera dans «Ma mère l'Algérie» (dimanche à 16 h) le portrait d'un pays où la poésie côtoie l'horreur.Bien d'autres conteurs ont également fait le déplacement pour, au cours d'une promenade en barque sur la Semois, au détour d'un verger, sur la place du village, dans une école, rappeler que la parole vivante est avant tout faite de tolérance et d'ouverture à l'autre...

Mais Chiny, ce n'est pas que du conte. C'est aussi un marché du livre, des animations, des veillées autour du feu, des jeux, un bar, une scène musicale... et le pâté gaumais. Bref, de quoi faire la fête tout le week-end, en espérant que le soleil soit lui aussi à l'écoute cette année...

© La Libre Belgique 2006

H.H.

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