Scènes Nouvelle réaction très forte après l'annonce des nouveaux contrats-programmes en Arts de la scène en Communauté française jeudi par la ministre Alda Greoli.

La CCTA, qui regroupe les compagnes de théâtre adulte, avait réclamé au nom du slogan "l'artiste au centre" un meilleur équilibre en faveur des compagnies par rapport aux institutions théâtrales. Elles doivent constater disent-elles, tout l'inverse et se disent stupéfaites de voir des compagnies ayant connu d'aussi formidables succès publics et internationaux que celles d'Anne Cecile Vandalem et le Raoul Collectif (photo) se retrouver "sous-financées". 

On lira ci-dessous l'intégralité de leur texte et leur appel à la ministre:

"La CCTA a découvert jeudi soir avec stupeur et incompréhension les décisions la Ministre Alda Gréoli concernant les contrats programmes des compagnies "théâtre adulte". Tant dans le détail que dans leur globalité (la subvention octroyée aux contrats-programmes des compagnies de théâtre adulte n'a augmenté que de 1,4% depuis 2014, soit moins que l'indexation), elles indiquent le peu de confiance de la ministre envers les capacités de développement par les artistes de la FWB de ces PME créatives du paysage théâtral que sont les compagnies, où, cela va sans dire, l’artiste est véritablement au centre.

Pour ne prendre que quelques exemples, la CCTA note que, contrairement à la législature précédente, toutes les compagnies nouvellement contrat-programmées le sont à un niveau si faible qu'elles resteront subordonnées à l’aide au projet, ce qui porte à 19 le nombre de compagnies contrat-programmées dépendantes de l'aide au projet avec les effets d’engorgement et de combat de pauvres que l'on connaît. Ce n’est pas du développement, c’est du sous-développement.

De même, si deux compagnies ont été reconnues, ou plutôt continuent à être reconnues dans leurs travaux, trois compagnies qui ont véritablement émergé ces 5 dernières années (Das Fraulein (Anne Cécile Vandalem), Raoul Collectif et Cie Pi 3,1415 (Collectif mensuel)), qui jouent et vont jouer ces prochaines saisons - si toutefois Mme Gréoli le permet - devant des dizaines de milliers de spectateurs partout dans le monde en portant haut les couleurs de la vitalité théâtrale de notre petite communauté, se voient, contre toute attente, sous-financées et mises gravement en danger. Nous exigeons que leurs demandes soient rencontrées dans leur intégrité. C'est proprement incompréhensible. Quel est donc le message que madame la ministre envoie là à l'ensemble des compagnies ? Sans parler des compagnies qui ont tout simplement été exécutées sans procès.

Par ailleurs, les compagnies, qu'elles soient de danse, de théâtre jeune public, de cirque ou de théâtre adulte connaissent bien les conséquences d'un sous financement des contrats programmes : ce sont les emplois artistiques pérennes qui "sautent" les premiers puisque les emplois structurels (administratifs et techniques) sont le socle même de l'activité artistique. L’emploi artistique au sein des compagnies, Madame la Ministre, ne sortira pas de la précarité dans les 5 ans à venir....

Enfin la CCTA ne peut que constater que, jusqu'ici, s’agissant de "bouger les lignes", la ligne financière attribuée aux compagnies n’a que très peu bougé en 4 ans. Pire encore, elle s’est infléchie, puisque le plus grand montant des aides accordées aux compagnies de théâtre adulte est passé de 570.000 € en 2014 à 250.000 € en 2018, ce maximum étant resté stable pour la danse (450.000 €) et pour le théâtre jeune public (415.000€) !

C'est donc avec circonspection que la CCTA attend les décisions de Madame Gréoli sur les montants dévolus aux aides ponctuelles et pluriannuelles, décisions qui, seules, lui permettront d'avoir une vue d'ensemble sur sa politique culturelle, et d'agir en conséquence".