Scènes

Des têtes de clowns ? De vraies bouilles, en tout cas, à vous faire sourire dès que vous les apercevez, et frémir dès qu’ils se mettent en danger. Car à force de jouer, en costumes colorés, les farces acrobatiques ratées du haut de leur trapèze, ils finissent par créer l’angoisse. Et s’il la laissait tomber ?

Sourcils relevés, regard interpellant, préciosité dans la passe manquée, en voilà deux, Camilla et Simone, d’ores et déjà médaillés au Cirque mondial de demain, qui n’ont pas fini de se faire remarquer. Idem pour le Suisse Maxime Pythoud, la chevelure fauve, l’allure athlétique et la maîtrise de la roue Cyr, un dérivé de la roue allemande originaire du Québec. Tombé dans la marmite à 5 ans grâce à l’Elastique citrique, école de cirque de ses parents, il présente, à 18 ans, le concours de l’Esac à Bruxelles, qu’il considère comme la meilleure école de cirque d’Europe. Très remarqué dans "Exit", spectacle de fin d’études, son numéro continue à séduire. Médaille de bronze au Cirque mondial de demain, perspective de travail dans divers festivals voire pour le Cirque du Soleil après un passage dans le "KDO" de Franco Dragone. Entre autres parce qu’il a inventé quelques figures très personnelles, Maxime Pythoud est considéré comme l’un des meilleurs au monde dans sa discipline. Il serait dommage de passer à côté de sa performance aux Pistes de lancement. Le mot est lâché. Voici en effet le retour du festival printanier de l’Espace Catastrophe en une formule modifiée et amplifiée.

L’ingrédient de base reste identique, à savoir une succession de numéros quatre soirs de suite dans un premier "Tour de Pis(t)e" du 11 au 14 mars avec neuf propositions contrastées grâce au jeu clownesque des "Hommes à Poêle" ou au Cerceau suspendu d’Eterno Retorno. Suivra, dans le même esprit, "Piste²", du 18 au 21 mars, avec, entre autres, Alexis Rouvre pour un numéro millimétré de jonglage. Tous seront annoncés par Véronique Castanyer, alias Monsieur Clément, un monsieur pas trop Loyal qui cultive avec élégance le sens des liaisons catastrophiques. Mais aussi, du côté des changements, une douzaine de spectacles en version intégrale, en salle ou sous chapiteau et déclinés en trois thèmes, "Pistes sur scène", "Déclinaisons clownesques", avec la présence du prisé Jos Houben dans "L’art du rire", et "D’autres pistes". Enfin, en guise de clôture, dix représentations du spectacle de la compagnie française Les Têtes en l’air, du 21 au 31 mars sous le Chapiteau Carré du Parc Victoria.

Niché en plein cœur de Bruxelles, à mi-chemin entre la basilique de Koekelberg et le métro Simonis, à côté des Anciennes Caisseries, manufacture fraîchement rénovée, le parc accueille donc désormais les Pistes de lancement, à l’étroit dans les anciennes Glacières de Saint-Gilles. Les spectacles en salle, quant à eux, se dérouleront à la Maison des cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek, sise, voilà qui tombe bien, juste à côté du joli parc.

Programme foisonnant donc, on l’aura compris. Il suffit de se laisser guider en commençant par ce week-end, qualifié de bigarré avec le cabaret des Clowns et Magiciens sans Frontières et la Journée Mini-Pistes/Spécial Kids, suivie de la première du "Palais Nibo et ses pensionnaires" des Têtes en l’air.

Bruxelles, jusqu’au 31 mars au parc Victoria, rue Léon Autrique à Koekelberg. Infos : www.pistesdelancement.be ou 070.660.601.