Scènes

Pour sa première mise en scène, Alain Leempoel a choisi un texte de Sébastien Thiéry.

On le connaît comédien depuis des années. Producteur aussi. Le voici désormais également metteur en scène. Pour sa première expérience de direction d’acteurs, Alain Leempoel a choisi de monter "Deux hommes tout nus" de son ami Sébastien Thiéry, auteur en vue s’il en est et parmi les plus traduits actuellement. Mise en scène à Paris par Ladislas Chollat (avec François Berléand dans le rôle principal, entouré d’Isabelle Gélinas, de Sébastien Thiéry lui-même et de Marie Parouty), la pièce a été un grand succès, c’est dire le risque pris. Un risque d’autant plus grand que la production française et ses vedettes sont attendues chez nous au printemps 2016 (lire ci-contre).

A la question de savoir pourquoi il a tellement attendu avant de franchir le pas vers la mise en scène, Alain Leempoel répond qu’il ne se sentait pas la légitimité de le faire parce qu’il avait trop envie d’être sur le plateau. Mais à force d’entendre que les comédiens ne sont pas assez dirigés, il a fini par se dire qu’il pouvait amener ceux qu’il a choisis et qu’il apprécie vers quelque chose de confortable pour eux, où ils vont étonner, et être bons. "C’était ma petite vanité", lâche-t-il avec un petit sourire aux lèvres. Mission accomplie ? "En tout cas les comédiens sont heureux et me le disent", répond-il.

Absurde

Cette première mise en scène est plutôt réussie. On rit beaucoup de la situation totalement inimaginable dans laquelle se retrouvent les protagonistes. Normal, c’est la marque de fabrique de Sébastien Thiéry. Il mélange avec bonheur la comédie de boulevard et le théâtre de l’absurde.

Alain Kramer, avocat sérieux et mari que l’on suppose fidèle, se réveille chez lui nu… avec son conseiller fiscal également dans le plus simple appareil. Une situation incompréhensible pour les deux hommes.

Michel Kacenelenbogen, cofondateur et codirecteur du théâtre Le Public, incarne l’homme de loi. "C’est vraiment un rôle pour lui", explique Alain Leempoel. "Il représente une autorité naturelle en tant que directeur de théâtre, en tant que comédien, en tant que faiseur de beaucoup de choses à Bruxelles. Et le personnage de l’avocat à qui il arrive tous les malheurs est un personnage de pouvoir, d’autorité qui refuse de se faire bousculer. Il est tellement de mauvaise foi qu’il n’accepte pas ce qui lui arrive. Il est dans le déni." Michel Kacenelenbogen plante donc un bourgeois très nerveux et angoissé qui, plongé dans le doute, va inventer n’importe quoi pour justifier devant son épouse la situation dans laquelle il se trouve.

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