Scènes

IL N'ÉTAIT PAS DIT QUE LA POLÉMIQUE autour de sa personne allait entacher la réception du spectacle de Dieudonné. Ce dont on a eu la confirmation lors de la première du «Divorce de Patrick» à Seraing - francisé en «Seringue» -, qui tient de la réconciliation. L'homme excelle dans son métier d'humoriste. Sur scène comme un poisson dans l'eau, il est Dieudonné, invité à réciter «une petite poésie», mais en contact téléphonique avec Patrick, ami à la dérive et en instance de divorce. Le spectacle s'articule autour d'une dizaine de tableaux tirés de la vie de couple dudit Patrick, dont on aura tôt fait de découvrir qu'il incarne le parfait crétin, à l'instar du narrateur «Dieudo».

De mauvaise foi, grande gueule, adepte de l'humour vache, Dieudonné ne s'impose aucune limite pour balayer les travers de la beaufitude. Quand il décoche ses traits de cynisme sur la guerre, la violence conjugale, les génocides (une forme d'« écosystème »), les dérives dans l'enseignement, il fait presque chaque fois mouche. Logés à la même enseigne, femmes, Chinois, Juifs, Noirs, Arabes: tout le monde en prend pour son grade... En aparté, de la jubilation plein les yeux, il rappellera: «C'est un personnage que je joue. C'est la mise en scène qui veut ça. Vous croyez que c'est facile de jouer les crétins?» Ce rôle, le comédien le tient pas mal, quoique la dernière demi-heure (les sketches sur l'enterrement et l'accouchement) les vannes tombent un peu plus à plat. Il y a, évidemment, de la revanche dans l'air, quand Dieudonné, vivement applaudi, évoque l'«affaire» et annonce le titre de son prochain spectacle: «Mes excuses». Mais on reste dans le domaine du rire. Et c'est bien ainsi.

Suite de la tournée belge: le 5 mars au Centre culturel de Woluwe-St-Pierre (02.773.05.88), le 6 à la Maison de la culture d'Arlon (063.22.04.39).

© La Libre Belgique 2004