Scènes

Plus que jamais festival de création, le KFDA 2018 a dévoilé sa foisonnante programmation. L'ici et l'ailleurs s'y conjuguent au présent, sans oublier de regarder vers demain. Trois semaines d'aventures et mille et un chemins à arpenter, à travers Bruxelles, en mai.

Depuis 1994 - et c’était alors un pari loin d’être évident, lancé et tenu par Frie Leysen -, le Kunstenfestivaldesarts bourgeonne en mai. International et bruxellois, soutenu par les Communautés flamande et francophone, le KFDA circule parmi ses partenaires, est devenu une référence dans le réseau des festivals, et un producteur et coproducteur important. Sa matière est vivante : les arts - scéniques mais pas seulement - et ceux qui s’en emparent. Les créateurs d’aujourd’hui. Les spectateurs aussi. Le monde, plus largement : multiple, changeant, complexe. "Une complexité à accueillir", plaide son directeur Christophe Slagmuylder, plutôt que d’en avoir peur et de la dissoudre dans les discours réducteurs, les schémas simplificateurs. Le monde, donc, dont les artistes témoignent, ou d’où ils partent pour en inventer d’autres.

L’invention, la nouveauté, l’inédit sont des jalons dans un festival dont cette édition s’ouvrira et se clôturera dans des musées encore vides : la nouvelle aile du musée de Tervueren, et Kanal-Centre Pompidou : les pages blanches du possible.

"Profondément multidisciplinaire, le festival échappe au formatage et ne se laisse pas attraper facilement", sourit Christophe Slagmuylder, grand défenseur de l’art vivant capable, dit-il, "de continuer à nous surprendre chaque soir". Directeur du Kunsten jusqu’en 2019 (il le quittera alors pour la triennale Theater der Welt, en Allemagne), il souligne la multiplicité de trajets imaginables parmi la quarantaine de propositions du festival. Nous vous en suggérons quelques-uns.

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