Scènes

Jamais en retard d'une création originale, Franco Dragone a choisi de préparer Noël en décorant, non pas un conifère, mais un Saule. Résultat : trois dates complètes à l'Orangerie du Botanique, en configuration assise, et une grosse résonance médiatique. 2006 aura bel et bien été l'année du jeune chanteur montois et de son groupe "Les Pleureurs".

Au vu du spectacle "Ma tête est ailleurs", l'état de grâce pourrait très bien se prolonger en 2007 pour le sympathique Saule. On sait que Franco Dragone est toujours attentif à ce qui se passe en Belgique. Le Louviérois d'adoption choisit rapidement de porter son attention sur ce jeune Montois qui commence à tant faire parler de lui et dont l'univers, qui mêle fantaisie et tendresse, lui plaît beaucoup.

Le projet est simple : mettre en scène le concert de Saule et les Pleureurs. Tout se passe assez rapidement et aboutit, en décembre, aux premiers essais et répétitions dans le cadre du Manège à Mons (voir LLB du 16/12).

Le baptême du feu a lieu, pour sa part, au Botanique où trois dates, du 20 au 22 décembre, sont rapidement remplies. Sur scène : des grands abat-jour suspendus en l'air qui, par la lumière qu'ils émettent, délimitent la place des musiciens. Pas de grand show à la Céline Dion donc. Le parti pris est plutôt de valoriser l'univers, qui a conquis tant de personnes, développé par le chanteur et son groupe. Pour cela, "Ma tête est ailleurs" joue essentiellement sur l'éclairage et les projections, sur les abat-jour, qui installent une ambiance bien particulière pour chaque morceau. Et les transforme en autant de petites histoires captivantes pour le spectateur. Avec une mention spéciale pour le petit théâtre d'ombres chinoises de "Madame Pipi", une trouvaille visuelle particulièrement réussie.

Plutôt que de rester la plupart du temps assis, comme lors des concerts "normaux", la scénographie pousse les membres du groupe à bouger et à s'extérioriser. Avec comme résultat, une bonne humeur démonstrative et une énergie communicative qui fait monter l'ambiance de quelques degrés lorsque le chanteur demande au public de se lever.

Papillon

Après un peu moins d'1h30 de concert, il est pourtant déjà temps de se quitter. Que le temps passe vite lorsqu'on ne s'embête pas. Au final, reste l'impression, non pas d'avoir vu un autre concert de Saule, puisque le répertoire joué est le même qu'auparavant, mis à part une nouvelle chanson, mais bien d'avoir assisté en direct à l'évolution d'une belle, et grande, chenille se transformant en joli papillon coloré. Nul doute que "Ma tête est ailleurs" est destiné à un bel avenir et que d'autres dates viendront bientôt se rajouter aux concerts prévus à La Louvière (1er mars), Mons (2 mars) et au Cirque Royal (date à définir durant les Nuits du Bota).

© La Libre Belgique 2006