Scènes Entre danse, acrobaties, combats et méditations, une traversée de l’errance.  

Le poing levé, un début d’indignation, peut-être, quelques secousses… La danseuse Maya Zimmerlin et le circassien Kritonas Anastasopoulos sont-ils dans une rame de métro ? Fuient-ils un tremblement de terre. Exode ? Vers où ? Pourquoi ? Une énergie de plus en plus palpable émane de la scène du Labo, au Marni. Les secousses s’intensifient. Le sol et les certitudes s’ébranlent. Le chignon se dénoue, l’humain se dévêt.

"Exodos" prend forme, existe. Puis ralentit, traverse la lenteur, l’exploration de la terre, du lopin qu’on délimite ou des limites qu’on réinscrit pour mieux se rassurer, se ressourcer, se retrouver. Revenir au contact des racines, du toucher. Sortir humainement d’une situation de crise. "Exodos", de plus en plus conceptuel, disparaît peu à peu, se perd ou plutôt nous perd après un départ pour un voyage qui s’annonçait prometteur. Et malgré les pas de danse aériens, les prouesses acrodansées, les touches d’humour dispersées, la complicité des artistes se fond dans l’inaction et sans doute ne faudrait-il pas grand-chose pour nous inviter à résister aussi, à travers cet "Exodos". Exodos en grec parce que la Grèce et d’autres régions ont crié, ont levé le poing.

Mise en scène par Michel Bernard, cette création danse et cirque recourt aussi aux techniques de combat et de méditation tant contemporaines qu’ancestrales, autant de retours à la vie qui aident à trouver la sortie lorsque l’issue semble impossible. Et qu’il faut bien définir son errance.

Bruxelles, Marni, jusqu’au 18 novembre, à 20h (jeudi à 19h30). Infos & rés.: 02.639.09.80, www.theatremarni.com