Scènes

Quasiment universelle, l’histoire du pantin de bois - que Carlo Collodi écrit en 1883 - a été traduite dans plus de 80 langues, a connu moult transpositions au petit et au grand écran, a inspiré une foule de créateurs, du théâtre à la BD, tout en fournissant une matière de choix au monde des sciences humaines.

"Notre option de base, note le metteur en scène Pietro Varrasso, à l’origine du projet, est que Pinocchio agit en fait comme un mythe, qu’une grande quantité de matériaux primitifs, archaïques, se sont glissés dans la plume de l’auteur, que des expériences humaines primaires, fondatrices, universellement reconnaissables ont trouvé forme communicable dans le conte à travers l’inconscient collectif. Nous recherchons cette ombre, nous voulons la montrer !".

Au Pinocchio de Collodi (et de Joël Pommerat, dont il s’agissait de se démarquer) est associé "le Bruissant", terme peu usité qui fait référence à Dionysos. "Dans notre adaptation, précise Pietro Varrasso, nous explorons une sorte de schizophrénie dans le personnage. On installe un dialogue interne, un bruissement, entre le "Je" du Pinocchio, enfant capricieux jusqu’à en devenir dictateur par moments, et une nature plus ancienne et profonde, païenne". En Pinocchio, parle la bûche, le morceau de bois dont il est fait.

Eugène Savitzkaya a récemment rencontré un menuisier nonagénaire du Piémont, Armando ("un Gepetto du nord de l’Italie") dont la sensibilité et l’art si manuel, si sensuel, lui ont "fait entrevoir cette profession comme au centre d’un langage entre l’arbre et l’humanité".

Scénographie d’Olivier Wiame, lumières de Xavier Lauwers et costumes de Natacha Belova habillent cette coproduction qui ira de Liège à Namur, en passant par Mons et Bruxelles.

Liège, Théâtre de la Place (grande salle), du 23 au 30 septembre. Infos, rés. : 04.342.00.00, www.theatredelaplace.be

Ensuite, au Manège. Mons du 4 au 7 octobre, au Varia, à Bruxelles, du 17 au 28 avril, au Théâtre de Namur du 2 au 6 mai.