Scènes Coup de cœur pour les jongleries dansées de la Cie Defracto. Aux Halles. 

Ceux-là, pour sûr, ont un bel avenir devant eux, du punch à revendre, une énergie hyper contagieuse. De quoi sortir de l’hiver en sursaut ! Sautillant, dansé, rythmé, voilà un spectacle qui laisse filer les balles de jonglage à toute allure, sans savoir où donner de la tête, avec cependant des instants de répit intelligents et bienvenus.

Musique électro

Avant d’entamer son tour de piste - une scène frontale, en réalité, comme si souvent exploitée au cirque contemporain -, l’artiste, Eric Longequel, jongleur autodidacte amateur de butô plutôt bourru, mange calmement sa banane. S’ensuivront, sous le regard extérieur de Jay Gilligan, une série de pirouettes, pas dansés façon hip-hop sur fond de musique électro hypnotisante, échanges jonglés et dialogues corporels avec l’insaisissable Guillaume Martinet, autodidacte passé ensuite au Lido, cette grande école de cirque de Toulouse.

Elastiques, distendus, texaveriens et simiesques à souhait, les jongleurs s’en donnent à cœur joie, jouant des balles comme des situations, rapports de force et complicités sans oublier d’y glisser quelques peaux de banane et zeste de jalousie. Le message sous-jacent, à peine dissimulé, n’est autre qu’un encouragement à la transgression dans un univers construit par nous.

Dégingandés, décalés et infatigables, les jongleurs de la compagnie française Defracto interagissent aussi avec leur régisseur et véritable DJ David Maillard, dont on salue la partition musicale.

Le sourire est sans cesse de la partie tout comme l’absurde et la nonchalance bienvenue malgré une extrême précision du geste.

Un dansé jonglé soufflant qui a séduit Tournai lors de la Piste aux espoirs le 11 mars dernier et qui sera aux Halles de Schaerbeek ces 18 et 19 mars.

Du cirque chanté

Avec ses étonnantes "Princesses", le Cheptel Aleikoum fait lui aussi le voyage de Tournai à Bruxelles pour enchanter Hors Pistes ces 16 et 17 mars. Comment vieillir en échappant au regret à la frustration ? Qu’emporter dans ce voyage, que laisser derrière soi ? Restons-nous des princesses ? Spectacle, nous dit-on, sur l’intime et notre fragilité, "Les Princesses" donne à voir, au cœur d’un écrin, le temps qui passe et nos corps qui évoluent. Sur fond de paillettes, de chansonnettes, d’amour et d’honneur, Entre proximité et voltiges aériennes.

Hors Pistes, à Bruxelles, Halles de Schaerbeek, jusqu’au 23 mars. Infos : www.halles.be