Scènes

Dans la saga du Théâtre national qui a trouvé, hier, et enfin, son épilogue heureux, Richard Miller a mis le feu aux poudres, Rudy Demotte est arrivé au bon moment avec une note qui répondait aux aspirations du monde culutrel en proposant un tout nouveau théâtre au boulevard Jacqmain. Quant à Hervé Hasquin, le ministre-président, il est apparu comme le vilain petit canard, obsédé par le budget et annonçant jusqu'au dernier moment, à la grande colère du monde théâtral, qu'il n'excluait pas que le National doive retourner à la tour Rogier ou reste «ad vitam» au Palace (ex-Klada). Pour le monde culturel, il apparaisait presque comme l'ennemi. Nous l'avons interrogé pour connaître son point de vue dans l'histoire de ce dossier.

«Il est tout a fait faux d'affirmer que je ne voulais pas du Jacqmain, réplique-t-il, ou que je voulais y installer des parkings pour le compte de l'hotel Plaza comme on l'a dit. Ma position -qui était celle de tout le gouvernement depuis le début- a toujours été très claire: je ne voulais pas que la Communauté paie un franc de plus que 536 millions pour le nouveau théâtre. Pour obtenir cela, il fallait du temps et de la stratégie. Je devais négocier avec des hommes d'affaires alors que nous ne sommes que des culturels. Ils defendent leur beefsteak avec fougue, comme c'est leur droit. On parle de rapaces, mais ils ne font que leur job. Mais le combat était rude. Chaque fois que je disais aux promoteurs que dans ces conditions-là, on arrêtait et qu'on préférait retourner à la tour Rogier, ils prenaient peur et amélioraient leur offre. J'ai du parler fermement pour obtenir le résultat qu'on connait. Dois-je répéter qu'il y a deux jours encore, on nous réclamait près de cent millions de plus que ce qu'on a finalement obtenu».

Et les parkings pour le Plaza?

«Mais non. Il avait été question un moment que le Plaza installe des parkings dans l'ancien cinéma Variétés, à la rue d e Malines. Et là aussi, comme vous l'avez écrit, on va sauver un outil culturel. On va vendre les Variétés, mais pour en faire une nouvelle salle de spectacles avec l'Adac, si tout va bien. La politique du gouvernement, si vous comptez bien, aboutit à créer trois lieux culturels tout nouveaux au centre de Bruxelles: le National au Jacqmain, le Klada et les Variétés revitalisées. Pour obtenir tout cela, il fallait négocier chaque jour durement, avec des gens durs en affaires. Et tant pis si cela ne passait pas toujours bien dans l'opinion, mais le résultat est là. Et c'est la même rigueur que je veux mettre dans les dossiers de la présidence européenne de la Belgique».

© La Libre Belgique 2001