Scènes

Pour apprendre les fables de La Fontaine aux enfants, on trouvera sans doute difficilement mieux. Ces interventions artistiques, comme on les appelle, des Royales marionnettes, qui manipulent plutôt l'objet ici sous la houlette de la grande spécialiste Agnès Limbos, vont booster comme jamais le cours de français.

"Les Fabuleux" vont donc débouler dans les classes sans crier gare. Avec leur pupitre leur histoire, leur rapport aux fables, à l'école et à la langue française.

Première chose avant de passer à "La Cigale et la Fourmi", bouger non pas les lignes mais les bancs afin de s'asseoir en cercle.

Didier Balsaux raconte ensuite sa peur d'entrer dans une pièce depuis l'engueulade d'un de ses instituteurs, puis résume en deux mots le propos de la cigale et de la fourmi - histoire de rappeler combien cela donne envie d'entrer dans le monde... - avant de sortir ses figurines, une petite hutte et une fillette de couleur noire d'un côté. Un homme blanc de l'autre, équipé d'une grande seringue pour venir pomper le pétrole et autres richesses naturelles d'Afrique. Qui prête à qui, finalement ?

Rappeuse convaincue, Julie Antoine livre une version inattendue de "Le Loup et le Chien" , plus proche du concert de rap que de la récitation poétique :

"Attentat poétique. Pas de panique.

Vous connaissez Jean de la Fontaine?

Ce mec, c'est de la bombe atomique."

La comédienne n'hésitera pas ensuite à s'arrêter sur les mots plus difficiles de la fable et à multiplier elle aussi les petites figurines en plastique, chien ou loup, avec lesquelles tout le monde a joué.

Ils se succéderont ainsi, une heure durant, dans la même classe pour livrer leur fable avec la complicité du professeur qui sera certainement ravi.

Du théâtre d'apparence toute simple, réalisé avec peu de moyens, de décors, d'éclairages, de costumes, qui pense à son (jeune) public et rappelle toute l'actualité de ces fables immortelles.