Scènes

Ce lundi soir, Jérémy Ferrari était à Bruxelles et y étrennait pour la seconde fois son dernier spectacle en date en les murs du Théâtre St-Michel. L'humoriste, révélé par Laurent Ruquier dans l’émission de France 2 "On n’demande qu’à en rire", y jouait devant salle comble. Si son ancien one-man-show abordait la délicate et potentiellement polémique question des religions, le Français – préférant éviter qu'on "envoie" sa "tête par chrono-post à maman" – a quelque peu changé sa kalashnikov d'épaule.

Dans "Vends 2 pièces à Beyrouth", c'est le vaste sujet de la guerre (et du fameux nerf avec lequel elle va de pair) qui cette fois se retrouve au milieu du viseur. Celles menées par ou contre les terroristes, celle qu'on appelle depuis bien longtemps le conflit israélo-palestinien, celles conduites par l'Occident qui ont mené aux deux points précédents également.

Sur scène, l'homme est une véritable pile électrique, et c'est un doux euphémisme de qualifier ses prestations de prouesses physiques. L'humour est caustique. Très caustique. Et tout le monde en prend pour son compte : les arabes, les juifs, la famille Bush, le lobby des armes, les riches, les pauvres, les hommes, les femmes, quelques personnes assises dans la salle (big up à Louis l'informaticien qui se reconnaîtra) et même les propres parents du meneur de cette revue délicieusement acide.

De l'entame sur fond d'attaque terroriste et de consignes de sécurité, à la conclusion où Ferrari dénonce par les chiffres les non-sens et perversités des sacro-saintes et a priori intouchables ONG, le spectateur est tenu en haleine et rit. Souvent jaune, à gorge déployée aussi. Dans l'intervalle, il réfléchit, du moins s'il parvient à suivre le cours d'histoire accéléré déroulé par ce professeur de 32 ans excité mais précis. Pour monter ce spectacle, l'humoriste a étudié la géopolitique durant deux ans, et travaillé de concert avec des journalistes. Cela donne un show de deux heures décoiffant. Et un dossier (téléchargeable sur son site internet) qui fait grincer les dents. Celle d'Action contre la faim très certainement.

Jérémy Ferrari se produira au Forum de Liège ce mardi 5 décembre, avant de revenir sous nos latitudes le 8 février, au Théâtre de Mons.