Scènes

CRITIQUE

Ils vont se régaler, à Paris, en découvrant les Joyeuses Pâques de Jean Poiret mises en scène par Bernard Murat et interprétées par Pierre Arditi en tête d'une distribution aux petits oignons! Car le spectacle qui se donne jusqu'au 31 décembre à l'Auditorium 44, à Bruxelles, achève chez nous son rodage en province, avant de s'avancer, à la mi-janvier, sur le plateau du Théâtre des Variétés à Paris.

Tels qu'on les a vus, Pierre Arditi et ses complices sont fin prêts. On ne s'ennuie pas une seconde au fil des deux heures et demies sans entracte d'un récit dans la pure tradition du vaudeville, tourné avec naturel, élégance et efficacité par le regretté et talentueux Jean Poiret.

Un quinquagénaire aux tempes argentées (Arditi) s'apprête à tromper son épouse dans l'appartement conjugal en compagnie d'une jeune femme (délicieuse et craquante Barbara Schulz). Mais il guette le moindre bruit, visiblement en proie à une sainte terreur. Finalement l'épouse survient bel et bien sous les traits d'une Caroline Sihol en très grande forme, aussi gracieuse que redoutable face à la situation qu'elle découvre. Que faire sinon mentir? Plus c'est gros et mieux ça passe, c'est bien connu

CAUCHEMAR ÉVEILLÉ

Pierre Arditi s'empêtre dans une fabulation qui ne cesse de se compliquer au fil d'un week-end pascal aux allures de cauchemar éveillé. Entre les deux femmes qui semblent vouloir sympathiser, la bonne susceptible à la langue bien pendue (Catherine Blanchard), un client important qui débarque pour dîner avec son épouse et son fils, le malheureux n'en finit pas d'expier la faute qu'il n'a même pas eu le loisir de commettre.

À signaler encore l'apparition de Monique Tarbes, inénarrable de gouaille parigote dans un personnage truculent digne du Père Noël est une ordure.

D'imbroglio en quiproquo, de fausse révélation en vraie dissimulation, l'histoire va bon train vers un dénouement plus moral qu'il n'y paraît à première vue. Toute la distribution est parfaitement à l'unisson d'un propos qui se veut strictement divertissant, avec une pointe de causticité et une vraie tendresse pour des personnages qui nous font rire aux larmes en cela qu'ils nous ressemblent.

Bruxelles, Auditorium 44, jusqu'au 31/12. Tél. 0800.21.221 ou 02.218.27.35

© La Libre Belgique 2000