Scènes

Joué à Huy au lendemain des attentats de Catalogne et inspiré de la tuerie sur l'île d'Utoya en Norvège en 2011durant laquelle, comment l'oublier? , Anders Behring Breivik tua 85 jeunes rassemblés par le Parti travailliste, "Les Coeurs Atomiques" résonne doublement. Tout comme,"Le 20 novembre" de Lars Noren , l'an dernier à Avignon, juste après l'attentat de Nice. Il en va ainsi des festivals, de théâtre, de cinéma ou de musique, qui tous se font l'écho du monde, le reflet de nos sociétés. La fiction et la réalité se croisent et la première essaye parfois de glisser des notes d'espoir là où la seconde se trouve bien démunie.

Dopé à l'énergie adolescente, "Les Coeurs Atomiques" s'ouvre sur des images vidéo d'une grande violence, celles de la tuerie. D'Utoya ou d'ailleurs.

Jamais Marie et Laura n'oublieront la mort de Malick, troisième membre du trio qu'ils avaient formé, final brutal d'une amitié fulgurante. Les deux jeunes filles, Catherine Daele toujours aussi convaincante et Melody Willame habitée d'une fougue dansée demandent à leur ami Jan, l'attentif Jonas Luyckx, apprenti cinéaste de remonter le cours du temps et de filmer leur histoire. Tout a commencé par les mauvaise notes à l'école, l'envie de faire sauter les profs à coups de pétards de pacotille, la découverte de la musique rock enivrante, le besoin de se révolter mais aussi de se sentir bien vivant et de renvoyer aux adultes un miroir peu gratifiant, celui d'une jeunesse au chômage, de SDF, de pensions trop tardives : 2/20 messieurs les responsables.

L'envie aussi de construire autre chose puisque malgré ce tableau noir, là-bas, il y avait celui qui avait des projets d'éducation, l'autre, d'environnement, le troisième, d'aide aux plus démunis. Là où ils s'étaient réunis pour en parler, juste avant l'explosion de tirs. Un récit haché, mis en scène par Justine Duchesne, rythmé par la parole donnée au corps, qui ne tient pas les promesses du début mais qui livre avec justesse le regard de la jeunesse.