Scènes

Cindy Van Acker, de retour au Kaai, avec une pièce très pure inspirée de Malevitch et Luigi Nono.

La chorégraphe flamande Cindy Van Acker, devenue Suisse et Genevoise depuis vingt ans, était de retour ce week-end à Bruxelles, au Kaaitheater, avec « Zaoum », un mot valise inventé par les futuristes russes et qui signifie aller au-delà (za) de l’esprit (oum), un mot qui inspira Malevitch dans ses recherches.

Ses précédents spectacles, très mathématiques, montraient des corps comme soudés au sol. Ici, ils se redressent. Elle s’est inspirée d’une musique envoûtante de Luigi Nono «Quando stanno morendo. Diario polacco N.2», créée en 1982 en hommage, disait-il « aux camarades polonais qui, en exil, en prison, au travail, résistent ; qui espèrent tout en étant désespérés, croient tout en étant incrédules. »

Le spectacle « Zaoum » est donc aussi politique, bâti comme la musique de Nono, en trois temps : le désespoir, l’accusation et l’espoir. Mais il est avant tout poétique et la musique sert pour Cindy Van Acker « à visiter les espaces qu’elle ouvre en moi et à en ouvrir d’autres à mon tour. » Avec sept danseurs et une petite fille, la propre fille de Cindy Van Acker apparaissant sur scène comme un témoin et qui récite aussi les poèmes qui ont inspiré Luigi Nono.

Comme chez Castellucci

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