La folle journée du Kladaradatsch!

SOPHIE LEBRUN Publié le - Mis à jour le

Scènes

Kladaradatsch! Les ministres Hervé Hasquin (PRL) et Bert Anciaux (VU-ID) doivent désormais prononcer sans peine le sonore nom yiddish de ce cinéma fermé l'an dernier pour cause de faillite. Voilà en effet que les Communautés flamande et française se disputent le bâtiment qui l'abritait, ex-Pathé Palace, boulevard Anspach à Bruxelles.

La chose semblait pourtant entendue: le «Klada», racheté par la Communauté française pour 200 millions, abritera le Théâtre national de Belgique, confirmait samedi Hervé Hasquin, ministre-Président (cf. «Libre» du 26/2).

Coup de théâtre, mercredi matin: dans le «Standaard», Bert Anciaux, ministre flamand de la Culture, annonce que «c'est la Communauté flamande, et non la Communauté française, qui a racheté le bâtiment la semaine dernière». Et de citer les institutions culturelles flamandes qu'il compte y installer. La Communauté française se trompe, soutient Bert Anciaux. «La Communauté flamande dispose d'une option d'achat auprès des propriétaires allemands, fixée à 200 millions, qui court jusqu'au 23 février et que nous avons levée le 22 février.» Au passage, le ministre flamand nie vouloir provoquer un conflit communautaire.

Hervé Hasquin bondit. Sur les ondes de la RTBF, il confirme l'accord conclu entre la Communauté française et les propriétaires du Kladaradatsh!. «Nous avons conclu en bonne et due forme un acte par lequel les propriétaires s'engagent à répondre à l'offre du gouvernement pour 200 millions», dit-il. A son cabinet, on précise même qu'un compromis de vente a été signé. Hervé Hasquin assure que le propriétaire confirme qu'il n'y a pas eu de promesse de vente à la Communauté flamande. Au passage, le ministre francophone note que la démarche de Bert Anciaux vise, selon lui, à lancer «une nouvelle guerre communautaire».

Bert Anciaux n'en démord pas. La Communauté flamande a été la première à prendre le 2 février une option d'achat avec le propriétaire, ajoute-t-il. Il réclamera des dommages-intérêts si le «Klada» échappe à la Flandre.

Bref, chaque Communauté affirme détenir le document qui prévaut mais refuse de le dévoiler.

Mais pour le propriétaire, Helmut Crott, les choses sont claires: «le bâtiment est vendu à la Communauté française», nous dit-il. Celle-ci a bien signé un compromis de vente. En ce qui concerne la Communauté flamande, Helmut Crott dit avoir certes discuté aussi avec elle, «mais il n'y a pas d'option d'achat», affirme-t-il.

Il assure qu'il n'y a jamais eu de surenchère de son côté, et regrette de n'avoir pu contenter les deux Communautés. «J'apprécie autant l'une que l'autre. J'aurais aimé faire du Klada une maison belge ».

Fin de la saga? On n'oserait l'affirmer, tant chacun campe sur ses positions.

© La Libre Belgique 2001

SOPHIE LEBRUN

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