Scènes

Le spectacle d’ouverture du festival des Brigittines explore le désir et la sexualité. Critique.


Ce week-end, à Bruxelles, le festival des Brigittines s’est ouvert en force avec "7 Pleasures" de Mette Ingvartsen, exploration jouissive du désir et de ses représentations par douze performeurs nus. Comme un rappel du "Summer of love" d’il y a juste 50 ans qui mit fin à bien des tabous autour de la sexualité.

La chorégraphe et danseuse danoise Mette Ingvartsen, basée en Belgique (sortie de Parts en 2004, en résidence au Kaaitheater de 2013 à 2016), est aujourd’hui artiste en résidence à la prestigieuse Volksbühne de Berlin dirigée par Chris Dercon.

"7 Pleasures" créé en 2015, a tourné sur plusieurs grandes scènes européennes (dont le Kaai).

Au début, les 12 performeurs/danseurs sont assis dans le public de la Chapelle. Puis, ils se lèvent en silence et se déshabillent pour descendre, nus, faire un tas au fond de la scène.

Lentement, comme une vague au ralenti de corps emmêlés, le groupe rampe, glisse, se déplace, englobe canapé, table, fauteuil, tous engloutis par cette masse sensuelle. On y voit comme la chute des damnés peint par Rubens ou un film de Bill Viola.

Les corps ensuite se séparent et chacun vaque à son mouvement, lent et tendre, avec un plante ou un tapis, pour repartir ensuite à l’unisson dans une impressionnante montée de transe et de tremblements de tout le corps, de plus en plus frénétiques, ascension vers l’orgasme. C’est l’acmé d’un spectacle puissant et drôle, même s’il connaît des baisses de tension.

La chorégraphe explore encore l’économie du plaisir et les possibilités de la sexualité, avec la question de la toute puissance de désir et ses illusions, la domination sur les corps qui rejoint celle de l’économie et du politique. Avec des scènes rappelant la république de Salo selon Pasolini.

Une belle ouverture pour ce festival, et qui se termine par un concert joyeux et ludique de bruits de bouche.


Festival jusqu'au 2-9, à Bruxelles, www.brigittines.be