La Netrebko, star de Salzbourg

N.B. Publié le - Mis à jour le

Scènes

On a oublié les tempi d’Harnoncourt, les figurantes en sous-vêtements de Martin Kusej ou le Don Giovanni d’Hampson, mais pas cette Donna Anna de trente ans à peine : robe légère jusqu’à mi-cuisse, cheveux coupés court, aisance vocale stupéfiante, beauté irrésistible, Anna Netrebko était révélée en 2002 à Salzbourg et au monde, et tous les Don Juan du lyrique la voulaient aussitôt dans leur catalogue.

Le succès fut météorique et planétaire : contrat avec Deutsche Grammophon, biographies plus ou moins autorisées, articles dans les pages people. On lui prêta des idylles avec tous ses partenaires ténors - de Villazon à Beczala - mais c’est sur un baryton que son choix se porta : l’Uruguayen Erwin Schrott, hidalgo athlétique de belle santé vocale, avec lequel elle partage ses jours, un enfant et, à défaut de productions scéniques, de lucratifs galas dans les stades.

Depuis, les plus grandes scènes - Vienne et le Met, bien sûr, mais aussi Berlin, la Scala ou Paris - se l’arrachent, quand bien même ses faiblesses sont devenues au moins aussi apparentes que ses qualités. Voix puissante et intonation souveraine certes, mais diction si pâteuse qu’on se demande souvent si elle chante en russe, en français ou en italien. Charme et beauté sans nul doute (quoiqu’avec une tendance croissante à adopter les rondeurs traditionnelles des sopranos), mais talents très moyens de comédienne. Sans parler des côtés capricieux et parfois arrogants de la diva désormais austro-russe, de ses vidéos kitschissimes ou de ces interviews qui donnent à penser qu’elle n’est pas vraiment une grande intellectuelle.

Salzbourg reste un port d’attache mais, si on n’a pas oublié non plus sa Traviata de 2005, il n’est pas sûr que sa Susanna des "Noces de Figaro" en 2006, sa Juliette de Gounod en 2010 (après une annulation pour heureux événement en 2008) ou sa Mimi de cet été marqueront tout autant les mémoires. La Netrebko n’est pas la Callas.

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