Scènes

Myriam Leroy semblait dans ses petits souliers jeudi soir à l’heure de présenter au public du Théâtre de la Toison d’Or "Cherche l’amour", sa première pièce de théâtre. Grande gueule à l’humour particulièrement caustique, la journaliste, animatrice et chroniqueuse s’est lancée dans l’aventure à la demande de Nathalie Uffner qui n’a pas son pareil pour amener des personnalités non issues du sérail à écrire pour la scène. En atteste le travail mené précédemment avec Marc Moulin ou Sébastien Ministru.

Avec "Cherche l’amour", Myriam Leroy explore les tête-à-tête amoureux à l’heure des réseaux sociaux et des sites de rencontre. Elle nous dévoile une galerie de personnages plus truculents les uns que les autres, mais qui nous parlent. On a tous parmi nos connaissances au moins une bonne partie des profils décrits. Et tout ce beau monde se découvre à l’occasion de rendez-vous en tête-à-tête dans un bar où l’on assiste aux situations les plus burlesques : le garagiste qui souhaite se caser a un rancard avec la fille qui ne cherche qu’à coucher, un couple coincé qui veut se déniaiser avec des libertins, le fils de bonne famille à qui tout réussit croise la route d’une escort girl, etc.

Une vraie prouesse

On retrouve avec plaisir la plume acide que manie avec talent Myriam Leroy. Les répliques fusent, font mouche et surtout rire. C’est par moments un peu inégal mais dans l’ensemble, c’est bien senti. De quoi pardonner quelques errements de jeunesse. C’est d’autant plus vrai que le texte est très bien servi par une mise en scène créative signée Nathalie Uffner. Le parti pris de montrer les coulisses lorsque les comédiens se changent, même si c’est du déjà-vu, apporte un vrai plus. Car s’il y a bien une performance à souligner, c’est la leur. Myriem Akheddiou, Sandy Duret, Pierre Poucet et Marc Weiss jouent les caméléons. A l’image des transformistes, ils incarnent à eux quatre et avec justesse tous les personnages imaginés par Myriam Leroy. C’est une vraie prouesse. Chapeau !

A l’issue de cette première, Myriam Leroy semblait toujours anxieuse. Les éclats de rires de la salle devraient pourtant la rassurer, même s’ils ne se produisent pas toujours là où l’auteure aurait souhaité les entendre.

Bruxelles, Théâtre de la Toison d’or, jusqu’au 26 novembre, du mercredi au samedi à 20h30 et le dimanche 13/11 à 14h00. De 8 à 23 €. Infos et rés. : 02.510.0510,