Scènes

Connu pour ses spectacles intimistes, le dramaturge français Joël Pommerat s’empare, cette fois, de la Révolution française. Et, malgré le rush des dernières heures avant une création mondiale, nous parle avec le calme et la douceur qui le caractérisent, de "Ça ira (1) Fin de Louis", spectacle événement de la Compagnie Louis Brouillard.

Mons 2015 vous a donné carte blanche. Pourquoi la Révolution française ?

Il s’agit d’une suite d’intérêts de ma part, d’une certaine conception de l’homme et du vivre avec l’autre en société. Ce qui nous ramène à un terrain philosophique et même religieux. C’était cela mon sujet, mon attirance, ma passion, ma fascination et ma réponse en tant que personne et artiste de théâtre. Après avoir étudié et réfléchi sur différents sujets du XXe siècle comme la Révolution soviétique ou la Seconde Guerre mondiale, les résistances au nazisme, j’avais le désir d’aborder un sujet historique. Je me suis aperçu que cette histoire de Révolution française, que j’avais bien sûr à l’esprit, était tellement proche de notre réalité aujourd’hui, compte tenu des enjeux humanistes et politiques qui entrent en conflit et se confrontent les uns aux autres. C’est le retour de la question démocratique au premier plan en Europe qui a été une évidence pendant quelques décennies et qui est reposée avec un angle très différent. Si on pouvait douter de cette crise, dont on nous parle depuis vingt ou trente ans, on ne peut plus, aujourd’hui, nier qu’on y est. Ça éveille chez chacun le sentiment d’une nouvelle vigilance à avoir, un éveil individuel nécessaire pour y faire face et pour moins déléguer son pouvoir de citoyen aux représentants politiques. Les choses sont trop graves pour que je ne sois pas moi-même acteur.

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