Scènes

Il suffit d'aller à Grand-Marchin pour toucher le bout du monde même si le haut plateau de cette petite commune se trouve à dix minutes à peine de Huy. A vérifier dès vendredi puisqu'après plusieurs mois de retard, «Latitude 50» inaugure ses nouveaux locaux. L'école des filles s'est enfin reconvertie. Une partie du bâtiment sera consacrée à l'artistique; l'autre, comme l'a exigé la Région qui a financé le projet, à l'économique, soit un resto convivial. Climat sera festif au programme avec découverte de la cuisine à Doudou -bien connu des amateurs du Théâtre des Doms-, et bourrées enlevées du groupe «Turdus Philomélos», habitué de Chassepierre. Entre théâtre de rue, retour de l'accordéon et philosophie culinaire -Doudou étant célèbre pour sa cuisine des terroirs du monde entier- l'ambiance sera couleur chaleur. Qui, cela dit, va courir à Grand-Marchin pour couper le ruban d'une école de filles réhabilitée en lieu de résidence des arts du cirque? Tout qui s'intéresse, de près ou de loin, aux arts du nouveau cirque.

Depuis l'organisation des Renc'Arts en 2003, Grand-Marchin s'est donc inscrit comme pole de diffusion des arts de la rue. Un an plus tard, «Latitude 50» donnait le coup d'envoi de sa programmation. D'octobre à mars, des spectacles venant de Belgique ou d'ailleurs allaient être joués sous le chapiteau de la famille Decrollier pendant que des résidences d'artistes devenaient possibles. Sont déjà passés par là les chaussettes célibataires, Bonaventure Gacon ou «La fête interdite» des Bonimenteurs. En attendant l'ouverture officielle, celle des locaux dits «en dur». Cette fois, ça y est. On met la dernière couche de peinture. Doudou astique ses cuivres. «Turdus Philomélos», les siens.

Mise au vert

Initié par le centre culturel et l'administration communale de Marchin, le Théâtre de la famille Decrollier et les Globoutz, ce projet, qui a coûté 750000 euros, est aussi un bel exemple de décentralisation. Après Bruxelles, sa Roseraie et son Espace Catastrophe, la Région wallonne crée son propre lieu de création et diffusion des arts du cirque. Aux confins des provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg, la commune de Grand-Marchin nourrit une tradition culturelle, festive et foraine digne d'intéresser le public et de répondre à la demande d'acteurs culturels de la région. Lieu de résidence qui permet de loger les artistes, notamment grâce aux anciennes classes réaménagées en appartements, «Latitude 50» renoue aussi avec la tradition de la mise au vert déjà testée et appréciée par plusieurs compagnies. Outre les festivités de ce week-end trôneront au menu de 2006, l'«Imagillusion» de Stanislas (15 janvier 2006 à 16h), le théâtre musical burlesque de Maria Dolores (3 février à 20h30) ou l'inépuisable «Witloof Cabaret» (le 23 février à 20h30). Sont également prévus une Rencontre des écoles de cirque de la Communauté française et un mini-festival des arts de la rue. Mais tout ceci ne pourrait durer qu'une saison puisque sans l'aide espérée de la Communauté française, «Latitude 50» ne pourra pas tenir la route. Appel au secours? En quelque sorte même si, d'autre part, le secteur est heureux des conclusions des états généraux de la culture.

D'ici 2010, en effet, son enveloppe passera des actuels 535000 euros à 807000 euros.

Les 16 et 17 décembre, dès 19 heures, dans le chapiteau chauffé de la famille Decrollier, place du Grand-Marchin. 4570 Grand-Marchin. Rens.: 085.41.37.18 ou Webhttp://www.latitude.be

© La Libre Belgique 2005