Scènes

En 2013, quand le metteur en scène, comédien et auteur Olivier Coyette a pris les rênes du Théâtre de Poche, seuls deux directeurs s’y étaient succédé. Roger Domani l’avait fondé en 1951 et Roland Mahauden avait repris le flambeau en 1992. Lors de ses vingt années à la direction de ce lieu charmant niché dans le bois de la Cambre à Bruxelles, il a développé l’ancrage du Poche sur les thèmes d’actualité, la découverte de jeunes artistes et les liens avec l’Afrique. L’identité forte du théâtre, engagée dans une perspective humaniste et tournée artistiquement vers des textes contemporains "privilégiant des points de vue progressistes" semblait pouvoir trouver une continuité avec Olivier Coyette. "Le Poche, c’est le lieu du théâtre politique", nous expliquait le jeune directeur en janvier 2013. "On ne renverse pas la table, on ne tourne pas la page, on glisse dans la continuité. Je vais faire évoluer cette maison mais petit à petit."

Elu par le conseil d’administration parmi une quinzaine de candidats fin 2012 et entré en fonction le 1er janvier 2013, Olivier Coyette a été prié de quitter son poste de directeur artistique mardi soir par le CA. Les deux parties communiqueront dans le courant de la journée et livreront peut-être les raisons des désaccords.

Le temps de deux saisons

La première saison du passage de flambeau, 2013-2014, Olivier Coyette l’a construite en étroite collaboration avec Roland Mahauden qui a pris sa retraite de la direction du théâtre mais continue à s’occuper des projets Nord-Sud (avec les pays de la région des Grands Lacs notamment). La saison 2014-2015 est donc la seule où le nouveau directeur, né en 1975, a pu imprimer sa marque dans la programmation.

En septembre 2014, il a signé la mise en scène de "Pornographie" de l’auteur britannique Simon Stephens, un spectacle trash interdit aux moins de 18 ans où l’on plongeait dans l’intimité de huit personnages "déviants" avec un point de vue voyeuriste.

Pour la prochaine saison, encore en chantier, seul un spectacle est pour l’instant annoncé : "Et si je les tuais tous Madame ?" de l’artiste burkinabè Aristide Tarnagda. Présenté dans le "In" du Festival d’Avignon en 2013, ce monologue à quatre voix évoque les questions d’exil et d’engagement.