Scènes

A l'image des émissions de cuisine qui remportent un franc succès à la télé, les compagnies jeune public n'hésitent pas a faire découvrir aux enfants l'envers du décor tout en théâtralisant le quotidien. Derrière leur plan de travail, en un tour de main, Patrick Huysman, à l'écriture et au moulin, et Susan Yates aux fourneaux deviennent reine et roi, transformant leur toque en couronne d'intronisation.

Sur fond de musique de Lully, ou apparentée, ils s'inventent un petit prince à coup de citron aux yeux de girofle. Car c'est cela aussi, le théâtre jeune public : la capacité de sacraliser les objets qui nous entourent, de leur donner vie avec deux ou trois ingrédients et de faire d'un agrume une marionnette bien vivante, choyée par deux parents gâteaux, c,est le cas de le dire. Ou comment la cuisine devient le théâtre d'une vie de famille aussi gourmande que gourmette, la préparation d'une omelette soufflée, un acte artistique et la confection d'une mousse de céleri au chocolat blanc, botte secrète d'un grand étoilé à Paris, un bouquet final. Mise en scène par Didier de Neck pour enfants dès 4 ans, "Le jour de la soupe" allie leurs besoins primaires, secondaires voire tertiaires.

De retour, pour sa part, avec sa "Soup'alapatate", en version revisitée, de Marcel Cremer et Helga Kohnen, l'Agora théâtre prépare également une soupe devant les spectateurs au cours de laquelle les patates en question deviennent cochons et la soupe, histoire de guerre. Un spectacle nu, brut, sans décor, qui fait l'éloge des légumes mais qui surtout emporté à une époque de disette où la patate valait de l'or. Et qui permet d'apprécier à sa juste valeur l'interprétation bien plantée d'Annika Serong. Encore une excellente comédienne de l'Agora, compagnie de la Communauté germanophone, qui a décidément le sens du casting.