Scènes "The Tip of the Tongue", spectacle vertigineux du festival se déroulait dans le lieu magique qu’est le Planétarium à Bruxelles. Critique.

Le principal mérite du nouveau spectacle de Pieter De Buysser, créé pour le Kunstenfestivaldesarts, est d’avoir amené les spectateurs dans un des lieux les plus magiques de Bruxelles : le Planétarium, à l’ombre de l’Atomium. C’est un tel plaisir de se retrouver allongé sur des fauteuils, à suivre sur sa coupole les images de l’univers.

Dans un festival qui ausculte les plaisirs et les tourments du monde, il est bon de faire entrer la poésie des espaces infinis, de relier nos existences aux mystères du cosmos.

Pour le reste, le fil du spectacle est passablement compliqué. Philosophe au départ, Pieter De Buysser aime mélanger science et fantaisie dans des fausses conférences. Il part cette fois de Borges, de la mystérieuse Alvarez de Toledo, pour nous entraîner dans une histoire de bateau scientifique se perdant dans les tourbillons d’un trou noir qui fait entrer les protagonistes dans l’immensité de l’univers.


De Buysser lui-même apparaît alors, juché sur un chariot, armé d’instruments imaginaires pour nous donner un exposé poético-scientifique sur la cosmologie. Avec heureusement les images superbes qui nous englobent et nous font planer.

Bain de bulles

Il est question de nébuleuses spirales et des multivers. Notre univers créé par le Big Bang n’étant qu’un simple élément dans un bain de bulles où des millions d’univers émergent régulièrement. La physique tente de concilier la mécanique quantique si précise pour le microcosme avec la relativité générale, grâce à la théorie des cordes où chaque particule naît de la vibration d’une corde tendue à travers l’univers entier qui aurait alors au moins 11 dimensions.


A ce stade, le vertige l’emporte et on ne s’étonne plus que le couple de départ se retrouve au bout de la langue, comme le dit le titre du spectacle "The Tip of the Tongue".

Cette fiction, avec sa fantaisie, gêne le propos plus qu’elle ne l’aide. La cosmologie d’aujourd’hui est si désarçonnante qu’entendre expliquer ses concepts sous la sphère du Planétarium suffirait déjà à nous emmener dans un autre monde.


Kunstenfestivaldesarts, Bruxelles, jusqu'au 27 mai. Infos & rés.: 02.210.87.37, www.kfda.be