Scènes

Rien ne prédestinait cette mère de deux enfants, professeur de français à Hannut, à fouler les planches pour faire hurler de rire tous ceux qui auront eu la bonne idée de pousser la porte de la Samaritaine où elle a créé ses spectacles, ou en tournée.

C’est grâce à la directrice Huguette Van Dyck, dénicheuse de talent au nez fin, que Véronique Gallo monte son premier texte, "On ne me l’avait pas dit", en septembre 2009. Avec Jean Lambert et Amandine Letawe pour la diriger, elle fait un tabac en "desperate housewive" s’épanchant sur sa vie de femme, d’épouse, de mère et de ménagère. Elle qui fantasmait sur le couple Barbie et Ken, on ne lui avait pas dit que ses enfants brailleraient pour 3 cm d’accoudoir, qu’elle aurait des problèmes de sécheresse vaginale, que le surpoids de Ken l’empêcherait de monter sur son surf ou que la seule personne à qui elle ressemblerait serait sa mère Après ce seul en scène hilarant, elle remet le couvert cette année avec "Mes nuits sans Robert". On craignait le "one shot" et la déception après le percutant et savoureux "On ne me l’avait pas dit", et pourtant la plume sensible et acérée à la fois de la prof, devenue comédienne au talent comique dévastateur, est de nouveau au rendez-vous. Cette fois, elle se glisse dans la peau de Louise, employée d’un centre culturel qui se mue, le temps d’un soir, en animatrice présentant au pied levé une conférence intitulée "Les accessoires du 7e art qui transcendent notre vision de l’amour". Et la voilà en train d’enfiler la culotte de "Bridget Jones", de mimer la transformation de Jennifer en danseuse professionnelle lorsqu’elle pousse la porte du repaire de Patrick Swayze dans "Dirty Dancing", ou encore de se renverser la cruche à eau d’"Out of Africa" sur la tête.

Avec les mêmes codes que dans son premier solo, la pétillante et irrésistible Véronique Gallo conquiert le public avec succès. Auteure et comédienne de talent, nul doute qu’elle nous offrira encore de joyeux moments de théâtre.