Scènes

Un nouvel endroit, "Mur, coffee & cycling" pour ne pas le citer, s'ouvre à Huy et c'est l'effervescence. "Mur" comme le mur de Huy, bien entendu. Un concept peu ordinaire qui sert d'excellents thés, cafés et autres au rez-de-chaussée tout en vendant des accessoires vélo à l'étage. Un mélange des genres qui existe déjà en Angleterre d'où vient l'un des deux tenanciers. Si Bernard est un Hutois pur souche, Edward, lui, vient de Manchester.

C'est ici que les programmateurs flamands réunis par l'Assitej (Association internationale du théâtre jeune public) ont choisi de se réunir entre deux représentations des Rencontres de Huy. L'occasion rêvée, à l'heure du thé vert, d'interviewer Tom Rummens de "Het Paleis" à Anvers, histoire de savoir ce qu'il pense du théâtre jeune public francophone.

Que peut-on dire ou non aux enfants?

"Je connais quelques spectacles mais c'est très nouveau pour moi et donc très intéressant. Nous sommes deux communautés séparées. C'est regrettable mais c'est un fait. J'ai vu huit spectacles en deux jours et j'observe déjà d'énormes différences. J'apprécie particulièrement les spectacles qui quittent la tradition et proposent quelque chose d'extraordinaire", nous répond d'emblée Tom Rummens, Contrairement à la France ou au Royaume Uni, la Flandre n'a pas d'héritage théâtral. "On jouit donc d'une plus grande liberté et on privilégie le mélange des genres. Cet esprit, je l'ai retrouvé et beaucoup aimé dans le Kubik Group. "De ceci on parle seulement avec des Lapins" est en effet un spectacle emprunt de liberté. Par contre, je vois d'autres créations plus enfermées dans les codes théâtraux, une contrainte étonnamment plus présente en théâtre jeunesse qu'adultes. Que peut-on dire ou non aux enfants ? J'y vois un côté très protecteur." déclare Tom Rummens qui s'étonne aussi de la grande proximité existant entre programmateurs et enseignants à Huy.

Présent deux jours seulement sur les Rencontres, il est arrivé à un moment de la semaine où étaient programmés plusieurs spectacles pour tout-petits. "C'est intéressant car on n'a pas beaucoup de spectacles comme cela en Flandre. "Cache-Cache" m'a plu mais je me mets difficilement à la place des enfants de cet âge-là et j'ai trouvé le spectacle un peu trop lisse. Personnellement, j ai préféré la "Création d'un univers" des Mutants. Sans être captivé jusqu'au bout, j'y ai vu une esthétique plus intéressante."

Une esthétique à laquelle a participé le Flamand Dirk Opstaele...

Pas de Rencontres en Flandre

"Huy a quelque chose d'exceptionnel, de très intense. C'est chouette d'être ici pour deux jours, de voir huit pièces et d'avoir une idée de ce qui se passe. Pour les compagnies, je réalise que l'enjeu est de taille. Je me sens un peu touriste. C'est la première fois que je viens à Huy. L'ambiance est agréable et intéressante. Il y a beaucoup de monde et il est précieux pour les programmateurs d'avoir une telle concentration de spectacles".

Il est vrai que l'équivalent des Rencontres n'existe pas en Flandre où les compagnies bénéficient, sur dossiers, de conventions structurelles. Elles jouent également dans les théâtres et centres culturels mais tournent moins dans les écoles. Un système donc très différent pour une communauté qui l'est tout autant.