Scènes Les pionniers du théâtre jeune public quittent la scène. Retour sur quarante ans de talent. Et d’humanité. Rencontre.

Quarante ans que le théâtre de Galafronie arpente les scènes, les vallées, les contrées pour rencontrer son public et secouer en tous sens le théâtre pour enfants. La Galafronie, ou "la Gala" pour le milieu, une référence, un nom, un incontournable, un souffle toujours renouvelé, un collectif surtout. Qui le restera jusqu’au bout. Et nous rencontre donc ensemble, en plein montage du chapiteau, à Citygate, site industriel en friche à Anderlecht, choisi par la compagnie pour tirer sa révérence de royale manière lors d’un week-end festif et réflexif, ces 21 et 22 avril (voir ci-dessous). Avec élégance aussi. En remettant, dans "le pot commun", sa subvention d’environ 400 000 euros grâce auxquels les compagnies de théâtre pour enfants ont bénéficié de plusieurs augmentations dans le cadre des nouveaux contrats-programmes. Et en passant le flambeau à Quai 21 qui soutiendra d’autres projets.

Volontaires et complémentaires

Tout a pourtant commencé de manière artisanale et bénévole suite à la rencontre d’une bande d’étudiants sur les bancs des facultés de Saint-Louis. Ils se retrouvent ensuite au Théâtre des jeunes de la Ville de Bruxelles, rue du Marais, l’ancêtre de La Montagne magique. Et c’est ainsi que le théâtre jeune public voit le jour, dans la mouvance de mai 68. Avec Claude Semal, Agnès Limbos, Yolande Moreau, Bernard Chemin, Jaco Van Dormael, Marcel Cornelis, Jean-Luc Pireaux… Parmi eux, Didier de Neck, Marianne Hansé et Jean Debèfve. En 1978, ils montent "Le Voyage de Petit Morceau" qu’ils présentent aux sélections à Spa et passent rapidement au rythme de plusieurs spectacles par an qui feront date, qu’il s’agisse de "La Chasse au dragon" (1980), "L’Arche de Noé" (1982), "La Soupe au crapaud" (1983), "L’Hafa" (2003), "On pense à vous" (2014), ou "Echapperons-nous" (leur dernier spectacle en 2017).

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