Scènes Le grand comédien, metteur en scène et pédagogue avait 70 ans.

Au terme de cinquante ans de carrière, Bernard Marbaix est décédé le 20 novembre.

Pédagogue, il enseigna à l’Académie d’Etterbeek et forma au Conservatoire de Bruxelles (mais aussi à l’IAD et au Conservatoire de Mons) de nombreux acteurs, dont Emmanuel Dekoninck, Thibaut Nève, Alexis Goslain - tous trois par ailleurs aussi versés dans la mise en scène - ou Anna Cervinka, pensionnaire de la Comédie-Française et Molière 2017 de la révélation féminine de l’année.

Né le 25 mai 1947, Bernard Marbaix a vingt ans à peine lorsqu’il fait ses débuts au Rideau de Bruxelles, sous la direction d’André Ghisle, dans le rôle de M. Purgon dans "Le Malade imaginaire". A ses côtés, notamment, Danièle Firre, Jean-Claude Idée, Alexandre von Sivers, Nicole Valberg.

Sa curiosité le mènera à parcourir les méandres du répertoire sur les planches aussi du Parc, des Galeries, de la Balsamine. Et à s’impliquer comme un membre fidèle de Théâtre en Liberté, troupe dont le metteur en scène Daniel Scahaise fit de lui notamment le Polonius de "Hamlet", le pasteur dans "Ulysse et la baleine blanche" d’après "Moby Dick", jusqu’à Tiresias dans "Œdipe".

La profession perd un de ses ardents défenseurs, à travers l’Union des Artistes dont il fut membre fondateur. Le théâtre belge n’oubliera pas de sitôt la voix caractéristique, la haute silhouette et les traits anguleux de l’acteur dont les fidélités n’oblitéraient pas l’audace. C’est hélas sans lui que "Tristesses" d’Anne-Cécile Vandalem, portant mieux que jamais son titre, reviendra sur nos scènes.