Scènes

Béjart aime la lettre «B». Son dernier spectacle associe Brel, Barbara, Bach, Béjart, Bruxelles et la Belgique: six «B» qui ont déjà séduit un très large public puisque les huit représentations prévues à Forest National sont déjà toutes louées et deux représentations supplémentaires sont prévues: 33000 places ont été vendues et l'ADAC qui a pris avec ce spectacle le plus grand risque de sa carrière vise les 40000 spectateurs.

Béjart n'était plus venu en Belgique depuis deux ans, lorsqu'il y avait rejoué son «Presbytère». Il vient cette fois avec «Lumière», une chorégraphie créée il y deux ans à Lyon. «Lumière», car le spectacle s'ouvre sur la chanson éponyme de Jacques Brel mais aussi comme clin d'oeil aux frères Lumière, des Lyonnais inventeurs du cinéma, un art dont il est fait abondamment usage pendant ce spectacle où des écrans géants font revivre Jacques Brel. «Et puis, ajoute Béjart, j'ai adoré le film «Frans» de Brel où Jacques jouait avec Barbara. Ce spectacle devait permettre de retrouver ces deux êtres que j'ai adorés, de les réunir à nouveau, non pas pour du théâtre ou de la danse, mais pour un vrai moment de vérité. J'ai très bien connu Barbara que j'avais rencontrée une première fois dans les années 60 lorsqu'elle venait à l'Ancienne Belgique. Nous avons toujours été comme frère et soeur. J'ai rencontré Brel un soir à la Monnaie après l'homme de la mancha. Je l'ai peu vu mais il y eut toujours entre lui et moi, comme un compagnonnage intellectuel».

Hier, Maurice Béjart et France Brel, la fille de Jacques, étaient venus à Bruxelles pour présenter ce spectacle, qui se situe dans le cadre de l'année Brel.

Ecrans vidéos géants, lumières travaillées, costumes du créateur belge Jean-Paul Knot, 35 danseurs du Ballet Béjart Lausanne, le tout formant une chorégraphie grand public, jouant sur l'émotion et le souvenir.

On y entendra quatorze chansons de Barbara dont ses plus grands tubes («L'aigle noir», «Dis! Quand reviendras-tu?») et six chansons de Brel («Le plat pays», «La lumière jaillira»). Béjart lui-même, apparaîtra sur scène pour lire des textes ou parlera des coulisses en voix off. «Le choix des chansons est évidemment personnel, dit-il. Je voulais qu'à la fois, elles se suivent et se contredisent. Chaque chanson est comme un monde, une tragédie grecque en soi, avec un début et une fin. J'ai ajouté à cela pour la Belgique, un cadeau spécial, une surprise pour l'année Brel que vous découvrirez au spectacle».

«Lumière» chorégraphie de Maurice Béjart. Du 20 au 30 mars, à 20h30 en semaine et 16h30 le dimanche à Forest National, relâche lundi. Infos: 02/2182735, www.adac.be

© La Libre Belgique 2003