Scènes

C’est sous l’emblème d’une fourchette en plastique, évocatrice de nos frites nationales et flanquée du slogan "Arme d’imagination massive", que l’édition 2015 du festival d’Avignon se tiendra au Théâtre des Doms, du 5 au 26 juillet. La présentation à la presse du programme - déjà connu mais ici commenté - se tenait mardi au Théâtre de la Vie. Car, de passage à Bruxelles, les Doms sont nomades, ainsi que l’a rappelé Isabelle Jans, et font étape traditionnellement, en juin, dans un lieu d’où est issu un des spectacles sélectionnés (ci-contre).

Depuis sa mise sur pied en 2002, la "vitrine sud de la création contemporaine en Belgique francophone", financée pour l’essentiel par Wallonie-Bruxelles International (WBI), relève le défi de faire rayonner en France surtout mais pas seulement nos artistes, créations et projets culturels. Promotion et diffusion sont ici les maîtres mots, en même temps que le cheval de bataille d’Hervé d’Otreppe, adjoint à la direction. Outre l’aspect économique de l’amortissement des coûts de création, "la tournée est constitutive, artistiquement, d’un spectacle", rappelle-t-il. Des artistes et des spectacles présentés cet été, les codirecteurs louent les "armes imaginaires, artistiques, poétiques, non conventionnelles, dérisoires et puissantes". Ils seront vus par les quelque 800 professionnels et programmateurs qui fréquentent les Doms en juillet.

L’engagement et l’humour

Le festival 2015 a ceci de particulier qu’il sera le dernier pour Isabelle Jans. Présente depuis le début de l’aventure, et à la tête de la maison depuis 2011, elle a fait le choix de se retirer. Son successeur, Alain Cofino-Gomez, prendra ses fonctions le 1er septembre. Le passage de relais se fera alors, dans l’action.

Pour autant, Isabelle Jans n’a pas conçu l’édition 2015 comme une dernière. "J’ai encore un peu d’expérience en plus", sourit cette directrice multitâche. "Ce programme affirme particulièrement des valeurs qui me sont chères : l’engagement de l’artiste dans la cité, le poétique et le politique, l’explosion des formes, le questionnement sur la société. Et l’humour ! Tout est quasiment dans toutes les propositions. Dans chacune, même s’il y a des sujets sérieux (le travail, la mémoire, la vieillesse, le pouvoir) traités en profondeur, il y a de l’engagement et de l’humour." Résister à la tentation de la facilité (si commune dans le Off et ses 1 300 spectacles) a toujours été pour elle une loi.

D’ici au 5 juillet, les Doms présenteront leur brochure en leurs murs, le vendredi 19 juin. Et le 21, fêteront comme chaque année la musique, avec cette fois un concert de Diab Quintet, groupe belge de musique du monde, suivi d’un bal.


9 spectacles à la sauce belge

"Elle(s)" au féminin pluriel, de Sylvie Landuyt/Bad Ass Cie (11h). Critique à lire en cliquant ici.

"Les Misérables" d’après Hugo, transposé pour santons de marché aux puces par les Karyatides (13h). Critique à lire en cliquant ici.

"Les Mots perdus" librement inspiré du "Prince de Motordu", par le collectif Les Alices (15h30).

"Six pieds sur terre" où Jean-Luc Piraux décline en dérision funambule la désespérance de vie (18h). Critique à lire en cliquant ici.

"Loin de Linden", sensible chronique historico-familiale de Veronika Mabardi (20h). Critique à lire en cliquant ici.

"Le Réserviste", irrévérencieuse parabole sur le monde du travail par la Cie De Facto (22h).

"Désir Fiorini", la rencontre entre une chanteuse populaire haïtienne et un pianiste de jazz belge (Ajmi).

"Le Poivre rose" par la jeune compagnie éponyme : une célébration de l’authenticité déphasée (Midi-Pyrénées fait son cirque, sur l’île Piot). Critique à lire en cliquant ici.

"Cortex", plongée dansante au cœur de la mémoire, du vrai et du faux, par la Cie 3637 (Hivernales).


Théâtre des Doms, 1bis rue des Escaliers Sainte-Anne, 84 000 Avignon. Infos, rés. : +33-(0)4.90.14.07.99, www.lesdoms.eu