Scènes La saison foisonnante d’Eric de Staercke, comédien, auteur, metteur en scène, et désormais directeur du Centre culturel des Riches-Claires, était attendue. Lorsqu’il l’a révélée au public lundi, chacun pouvait se rendre compte qu’il a tenu ses promesses. Les fidèles du théâtre seront toujours là côtoyant des jeunes artistes, le Centre culturel jouant à merveille son rôle de tremplin. " L’objectif est de propulser des jeunes, explique Eric de Staercke. J’ai beaucoup de rêves, mais il faut que ça se connecte avec la réalité, étape par étape. En tout cas, il faut prendre les devants, si on attend, il ne se passe rien." Enthousiaste et confiant, ce directeur tout frais suscite la curiosité avec la saison 2013-2014.

La petite salle rénovée, peu exploitée jusqu’à présent, va avoir une nouvelle vie. Qu’allez-vous y présenter ? 

La petite salle va permettre de donner des cartes blanches. Ce sera l’occasion de découvrir des jeunes artistes. Je les accompagne bien sûr et leur projet dramaturgique est abouti, mais ils n’ont pas encore la possibilité de jouer ailleurs. Les Riches-Claires a toujours eu un rôle de tremplin. La petite salle a un côté café-théâtre. 

Concrètement, des spectacles auront lieu dans les deux salles en même temps. Comment s’organiseront les répétitions ? 

On va essayer de récupérer une salle un peu perdue du Centre culturel. Il y a aussi une salle de la bibliothèque qu’on pourra utiliser de temps en temps, mais surtout, on va travailler avec les centres culturels de province. Ils ont besoin de créations et nous avons besoin d’une vitrine. Les compagnies, en général, seront logées, elles utiliseront l’infrastructure du centre culturel de Viroinval, Chênée ou Braine-l’Alleud par exemple, elles créeront le spectacle puis viendront jouer trois semaines aux Riches-Claires. Tout le monde s’y retrouve. L’idée est d’assembler nos forces. Et puis on travaille avec les impôts des gens, il est normal qu’on rende le spectacle visible à tous et qu’il tourne. 

Du changement au niveau de la ligne artistique ? 

On est dans la lignée de ce que faisait Mélanie Lalieu. J’ai aussi diversifié, multiplié. En temps de crise, on a plus que jamais besoin de réflexion, mais aussi de divertissement. L’absurde est ce qui permet de poser des questions, c’est un espace de liberté. Je n’ai pas simplement décidé de faire plus de spectacles, cela me semble une nécessité. Si on veut faire vivre le quartier, il faut du dynamisme. 

Des "piliers" des Riches-Claires reviennent pour la nouvelle saison. 

C’est important de créer une fidélité. Emmanuel Dekonninck, Thibaut Nève, Dominique Bréda, le Panach’Club seront toujours là mais il y a aussi des compagnies très jeunes, beaucoup de gens issus de toutes les écoles. Je ne sais pas si tout fonctionnera, mais le risque fait partie de la création. 

Des temps forts à ne pas manquer ? 

Tout ! Il y a des choses innovantes. Par exemple, on va rester ouvert pour les fêtes. Au-delà des Plaisirs d’hiver, c’est important qu’il y ait aussi une présence culturelle. Il y aura des apéros concerts qui relanceront la programmation musicale. Le dimanche à 18 heures, on pourra écouter un concert en famille. Le week-end d’ouverture sera un temps fort. Il y aura aussi un festival du film de fin d’études. Je souhaite vraiment qu’il y ait un lieu pour les gens de cinéma, sans attendre que le Pathé Palace rouvre. Pour les lundi-théâtre, nous avons des subventions jusqu’en décembre, j’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour que cela continue. Si l’on veut un vrai projet de quartier, on doit être présent, ouvert presque tout le temps. Ainsi, un animateur sera là la journée pour que le foyer devienne un lieu de rencontres. 

Côté public ? 

Notre cible va de 10 à 90 ans. Notre avantage, c’est qu’on n’est pas tenu par une ligne artistique trop rigide. On va vers un public qui a une gourmandise, une curiosité.


Rencontre : Camille de Marcilly 

Centre culturel des Riches-Claires, 24 rue des Riches-Claires, 1000 Bruxelles. Infos : 02.548.25.70,

www.lesrichesclaires.be