Scènes

Le public répond présent dans les salles de théâtre à Bruxelles et en Wallonie. Et ce, malgré le climat post-attentats et la crise économique. Une fréquentation qui reste toutefois difficile à chiffrer, faute de données centralisées.

C’est un constat unanime : en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), les salles de théâtre attirent le public et ce, malgré le contexte socio-économique difficile et le climat post-attentats. "Je vais beaucoup au théâtre , atteste Michael Delaunoy, directeur du Rideau de Bruxelles, théâtre de création et de production, et il y a peu de salles vides. Soyons clairs : il y a des gens dans les théâtres."

Qu’ils soient d’avant-garde, de création et de recherche ou plus grand-public, nos théâtres ont, toutes proportions gardées, leur succès. "Il ne faut pas se cacher : un spectacle d’avant-garde ne va pas faire le même public qu’un comique en vogue" , reconnaît Michael Delaunoy.

Et c’est bien là la force de la FWB : "il y a une diversité d’approches dans des lieux assez bien identifiés" , se réjouit le directeur du Rideau, également président de la Concertation permanente des employeurs des arts de la scène ( Conpeas ). A Bruxelles, plus particulièrement, "l’offre théâtrale est énorme , comparativement à des villes équivalentes comme Lyon ou Montréal. C’est une richesse et donc, cela nous oblige à affiner notre identité afin que chaque spectateur - habitué ou potentiel - puisse identifier ce qui se fait."

Où sont les chiffres ?

Tous les témoins rencontrés sur le terrain abondent en ce sens. En revanche, contrairement à la Flandre, il demeure difficile de chiffrer la fréquentation des théâtres en FWB. En cause ? Le manque de statistiques transparentes et, surtout, centralisées. Il existe bien le rapport Kurt Salmon - du nom de la société de consultance qui a réalisé une cartographie du secteur du théâtre à la demande de l’ex-ministre de la Culture Joëlle Milquet (CDH) -, mais ce document, s’il a le mérite d’exister, pèche, selon de nombreuses sources, par son manque de fiabilité. Une situation d’autant plus regrettable que la FWB soutient financièrement la plupart des théâtres.

Des critères qualitatifs

Outre le Théâtre national, Bruxelles compte en effet une quinzaine de théâtres adultes professionnels subventionnés par la FWB - sans compter les compagnies, le théâtre semi-professionnel, les centres dramatiques, etc.

En 2014, sur un budget de 302 millions d’euros alloués à la Culture (soit 3,1 % du budget global de la FWB), la part octroyée aux activités théâtrales s’élevait à près de 39,5 millions.

Comment les subsides sont-ils alloués aux théâtres ? "Depuis 30 ans, les subsides se distribuent sur la base de critères qualitatifs. Et heureusement !" , rappelle Michel Kacenelenbogen, co-directeur du théâtre Le Public à Saint-Josse, qui attire 120 000 spectateurs par an.

Michael Delaunoy reconnaît également que "pendant très longtemps la question de la fréquentation n’a pas été énormément prise en compte dans les choix des subventions. Et c’est une erreur : on est en droit d’attendre certains résultats car les théâtres ont des missions (NdlR : diffuser des spectacles auprès des élèves, à l’étranger; accueillir des publics plus fragilisés, etc.) " . En revanche, "si l’idée est de dire qu’il faut mettre de l’argent dans ce qui rapporte, alors arrêtons tout de suite de subventionner le théâtre pour, par exemple, mettre toutes les subventions dans les parcs d’attractions, beaucoup plus rentables".

9,50 € à 158 € par place

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